SCÈNE IV
THÉSÉE, PHÈDRE, HIPPQLYTE, THÉRAMÈWE, œAONE.
THÉSÉE
La fortune à mes voeux cesse d'être opposée , Madame, et dans vos bras met...
PHÈDRE
Arrêtez, Thésée, Et ne profanez point des transports si charmants : Je ne mérite plus ces doux empressements ; Vous êtes offensé. La fortune jalouse N'a pas en votre absence épargné votre épouse. Indigne de vous plaire et de vous approcher, Je ne dois désormais songer qu'à me cacher.
ACTBIII. a55
SOÈNE'V. ^ "• •
THÉSÉÇ, HIPPOLTTE, THÉRAMÈNE.
TnésÉE. *
Quel est l'étrange accueil qu'on fait à votre p^e'. Mon fils ?
HIPPOLTTE.
Pfiédre^peut seule expliquer ce mystère. | Mais y si mes vœux ardents vous peuvent émouvoir^ Permettez-moi, seigneur, de ne la plus revoir; Souffrez que pour jamais le tremblant Hippolyte Disparoisse des lieux que votre épouse habite.
THÉSÉE
Vous, mon fils , me quitter?
HIPPOLTTE.
Je ne la cherchois pas; C'est vous qui sur ces bords conduisîtes ses pas. Vous daignâtes , seigneur, aux rives de Trézène Confier en partant Aricie et la reine :
Je fus même chargé du soin de les garder.
Mais quels soins désormais peuvent me retarder? Assez dans les forêts mon oisive jeunesse *
Sur de vils ennemis a montré son adresse :
Ne poorrai-je , en fuyant un indigne repos , D'un san0 plus glorieux tein<lre mes javelots?
256 ^ PHto^E.
■^ous n'aviez Cas encore atteint l'd^e où jf toache,. D^a plus d'un tyran* plus d'an monstre farouche Avoit de yotre bras ^nti la pesanteur ;, Déjà , de l'insolence heures per^cuteyr, * Vous aviez des deux mers as^ré les rivages ; Le4ibre voyageur ne crai^oit plus d'outrages ; Hercule, respirait sur le bruit de vos coups « Dëja de*son travail se reposoil sur vous.
£t moi , fils inconnu d'un si glorieux pèr€ , je suis inéme encor loin des d'aces de ma mère ! S^ouffrez que mon courage ose enfin s'occuper : Souffrez , si quelque monstre a pu vous échapper, Que j'apporte à vos pieds sa dépouille honorable , Ou que d'un beau trépas la mémoire durable , Éternisant des jours si noblement finis , Prouve à tout l'univers que j'étois votre fils.
THÉSÉE
Que vois-je? Quelle horreur dans ces lieux répandue Fait fuir devant mes yeux ma fam^le éperdue?
Si je reviens si craint et si peu désiré , O ciel! de ma prison pourquoi m'as-tu tiré?
Je n'avois qu'un ami : son imprudente flamme Du tyran de l'Épire alloit ravir la femme; Je servois à regret ses desseins amoureux ; Mais le sort irrité nous aveugloit tous deux. Le tyran m'a surpris sans défense et sans armes. J'ai vu Pirithoiis, triste objet de mes larmes,