‹ Œuvres poétiquesChapitre 146 sur 168 · ACTE m. • aSy · texte numérisé non relu

ACTE m. • aSy

Livré par ce barbare à des monstres cruels Qa il nourrissoii du sang des malheureux mortels. Moi-même il m'enferma dans des cavernes sombres , Lieux profonds et voisins de l'empire des ombres. Les dieux , après six mois , enfin m'ont regardé : J'ai su tromper les yeux par qui j'élois gardé. D'un perfide ennemi j'ai purgé la nature ; A ses monstres lui-même a servi de pâture.

Et lorsque avec transport je pense m'approcher De tout ce que les dieux m'ont laissé de plus cher ; Que dis-je? quand mon ame , à soi-même rendue , Vient se rassasier d'une si chère vue , Je n*ai pour tout accueil que des frémissements ; Tout fuit, tout se refuse à mes embrassements. Et moi-même, éprouvant la terreur que j'inspire , Je voudrois être encor dans les prisons d'Épire. Parlez. Phèdre se plaint que je suis outragé. Qui «l'a trahi? Pourquoi ne suis-je pas vengé? La Grèce , à qui mon bras fut tant de fois utile , A-t-clle au criminel accordé quelque asile?

Vous ne répondez point ! Mon fils , mou propre fils Est-il d'intelligence avec mes ennemis?

Entrons : c'est trop garder un doute qui m'accable. Connoissons à-la-fois le crime et le coupable : Que Phèdre explique enfin le trouble où je la voi.

a58 PHÈDRE.

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