ACTE IV
Jusqu'au dernier soupir de malheurs poursuivie, Je rends dans les tourments une pénible vie.
OEMONE.
Hé ! repoussez , madame , une injuste terreur ! Regardez d'un autre œtl une excusable erreur. Vous aimez. On ne peut vaincre sa destinée:
Par un charme fatal vous fûtes entraînée.
Est-ce donc un prodige inouï parmi nous?
L'amour n'a-t-ii encor triomphé que de vous?
La foiblesse aux humains n'est que trop naturelle: Mortelle, subissez le sort d'une mortelle.
Vous vous plaignez d'un joug imposé dès long-temps : Les dieux mêmes , les dieux de l'Olympe habitants , Qui d'un bruit si terrible épouvantent les crimes , Ont brûlé quelquefois de feux illégitimes.
PHEDRE
Qu'entends -je ! Quels conseils ose-t-on me donner! Ainsi donc jusqu'au bout tu veux m'empoisonner, Malheureuse ! voilà comme tu m'as perdue ; Au jour que je fiiyois c'est toi qui m'as rendue. Tes prières m'ont fait oublier mon devoir ; J'évitois Hippolyte ; et tu me l'as fait voir. De quoi te chargeois-tu? Pourquoi ta bouche impie A-t-elle, en l'accusant, osé noircir sa vie?
Il eo mourra peut-être , et d'un père insensé Le sacrilège vceu peut-être est exaucé.
Je ne t'écoute plus. Va-t'en , monstre exécrable ! 3. 18
274 PHÈDRE
Va, laÎMe-moi le soin de mon sort déplorable.
Puisse le juste ciel dignement te payer!
Et puisse ton supplice à jamais effrayer
Tons ceux qui , comme toi , par de lâches adresses ,
Des princes malheureux nourrissent les foiblesses ,
Les poussent au penchant où leur cœur est enclin.
Et leur osent du crime aplanir le chemin !
Détestables flatteurs, présent le plus funeste
Que puisse faire aux rois la colère céleste !
GENONS, seule.
Ah , dieux ! pour la servir j'ai tout fait , tont quitté ; Et j'en reçois ce prix ! Je l'ai bien mérité.
FIN DO QUATRIEME ACTE