‹ Œuvres poétiquesChapitre 167 sur 168 · THÉSÉE , PHÈDRE , THÉRAMÈNE , P ANOPE · texte numérisé non relu

THÉSÉE , PHÈDRE , THÉRAMÈNE , P ANOPE

GARDES

THÉSÉE

Hé bien ! vous triomphez , et mon fils est sans vie ! Ah ! que j'ai lieu de craindre ; et qu'un cruel soup<;oD , L'excusant dans mon cœur, m'alarme avec raison ! Mais, madame, il est mort, prenez votre victime; Jouissez de sa perte , injuste ou légitime :

Je consens que mes yeux soient toujours abusés. Je le crois cnmioel, puisque vous raccuseic.

î88 PHÈDRE.

Son trépas à mes plears offre assez de matières

Sans que j'aille chercher d*odieases lamières ,

Qui, ne pouvant le rendre à ma juste douleor,

Peut-^tre ne feroient qu'accroître mon malhenr.

Laissez-moi , loin de vous , et loin de ce rivage ,

De mon fils déchiré fuir la sanglante image.

Confus , persécuté d'un mortel souvenir,

De l'univers entier je voudrois me bannir.

Tout semble s'élever contre mon injustice ;

L'éclat de mon nom même augmente mon supplice :

Moins connu des mortels , je me cacherois mieux.

Je bais jusques aux soins dont m'honorent les dieax;

Et je m'en vais pleurer leurs faveurs meurtrières ,

Sans plus les fatiguer d'inutiles prières.

Quoi qu'ils fissent pour moi , leur funeste bonté

Ne me sauroit payer de ce qu'ils m'ont ôté.

PHÈDRE

Non , Thésée , il faut rompre un injuste silence ; 11 faut à votre fils rendre son innocence :

Il n'étoit point coupable.

THÉSÉE

Ah ! père infortuné !

Et c'est sur votre foi que je l'ai condamné ! Cruelle ! pensez-vous être assez excusée...

PHEDRE

Les moments me sont chers; écoutez-moi, Thésée : C'est moi qui , sur ce fils chaste et respectueui.

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