‹ Œuvres poétiquesChapitre 18 sur 168 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Si ces Grecs vos aïeux revivoient dans votre ame? Et, pabqu'il faut enfin que je sois votre époax, N*étoit-il pas plus noble , et plus digne de vous , De joindre à ce devoir votre propre suffrage , D'opposer votre estime au destin qui m'outrage , Et de me rassurer, en flattant ma douleur, Contre la défiance attachée au malheur?

Hé quoi ! n'avez-vous rien , madame, h me répondre? Tout mon empressement ne sert q'uà vous confondre. Vous demeurez muette ; et , loin de me parler. Je vois , malgré vos soins , vos pleurs prêts à couler.

Moi, seigneur? Je n'ai point de larmes à répandre. J'obéis : n'est-ce pas assez me faire entendre? Et ne suffit-il pas...

MITHRIDÂTC.

Non , ce n'est pas assez.

Je vous entends ici mieux que vous ne pensez; Je vois qu'on m'a dit vrai. Ma juste jalousie Par vos propres discours est trop bien éclaircîe : Je vois qu'un fils perfide, épris de vos beautés. Vous a parlé d'amour, et que vous l'écoutez.

Je vous jette pour lui dans des craintes nouvelles ; Mais il jouira peu de vos pleurs infidèles , Madame ; et désormais tout est sourd à mes lois , Ou bien vous l'avez vu pour la dernière fois. Appelez Xipharès.

4o MITHRIDATE

Xipharès...

MONIME

Ah ! que voulez -vous faire?

MITHRIDATE

Xipharès n'a point trahi son père :

Vous vous pressez en vain de le désavouer; £t ma tendre amitié ne peut que s'en louer.

Ma honte en seroit moindre , ainsi que votre crime , Si ce lils , en effet digne de votre estime , A quelque amour encore avoit pu vous forcer. Mais qu'un traître , qui n'est hardi qu'à m'ofifenser, De qui nulle vertu n'accompagne l'audace , <^ue Pharnace, en un mot, ait pu prendre ma place , Qu'il soit aimé , madame , et que je sois haï. . .

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