‹ Œuvres poétiquesChapitre 23 sur 168 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

Et de mon foible cœur m'aider à voas bannir.

J'attends du moins , j'attends de votre complaisance Qae désormais par-tout vous fuirez ma présence. J'en viens de dire assez pour vous persuader Que j'ai trop de raisons de vdkis le commander. Mais après ce moment , si ce cœur magnanime D'un véritable amour a brûlé pour Monime , Je ne reconnois plus la foi de vos discours , Qu'au soin que vous prendrez de m'éviter toujours.

XIPHARÈS

Quelle marque, grands dieux ! d'un amour déplorable !

Combien , en un moment , heureux et misérable !

De quel comble de gloire et de félicités ,

Dans quel abîme affreux vous me précipitez !

Quoi ! j'aurai pu toucher un cœur comme le vôtre ,

Vous aurez pu m'aimer ; et cependant un autre

Possédera ce cœur dont j'attirois les vœux!

Père injuste , cruel , mais d'ailleurs malheureux ! . . .

Vous voulez que je fuie , et que je vous évite,

Et cependant le roi m'attache à votre suite.

Que dira-t-il?

MONIME

N'importe , il me faut obéir.

Inventez des raisons qui puissent l'éblouir.

D'un héros tel que vous c'est là l'effort suprême : Cherchez, prince, cherchez, pour vous trahir vous-même, Tout ce que , pour jouir de leurs contentcmenis ,

46 MITHRIDATE

L'amoar fait inventer aax vulgaires amants.

Enfin f je me connois , il y va de ma vie :

De mes foibles efforts ma vertu se dëfie.

Je sais qa'en vous voyant , un tendre souvenir

Peut m'arracher du Cteur quelque indigne soupir;

Que je verrai mon ame, en secret déchirée,

Revoler vers le bien dont elle est séparée ;

Mais je sais bien aussi que, s'il dépend de vous

De me faire chérir un souvenir si doux ,

Vous n'empêcherez pas que ma gloire offensée

N'en punisse aussitôt la coupable pensée ;

Que ma main dans mon cœur ne vous aille chercher.

Pour y laver ma honte, et vous en arracher.

Que dis-je? En ce moment, le dernier qui nous reste.

Je me sens arrêter par un plaisir funeste :

Plus je vous parle , et plus , trop foible que je suis.

Je cherche à prolonger le péril que je fuis.

Il faut pourtant, il faut se faire violence:

Et, sans perdre en adieux un reste de constance.

Je fuis. Souvenez-vous , prince , de m'éviter;

Et méritez les pleurs que vous m'allez coûter.

XIPHARÈS

Ah ! madame !. .. Elle fuit , et ne veut plus m'entendre. Malheureux Xipharès , quel parti dois-tu prendre? On t'aime ; on te bannit ; toi-même tu vois bien Que ton propre devoir s'accorde avec le sien : Cours par un prompt trépas abréger ton supplice.

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