ACTE IL
Et de mon foible cœur m'aider à voas bannir.
J'attends du moins , j'attends de votre complaisance Qae désormais par-tout vous fuirez ma présence. J'en viens de dire assez pour vous persuader Que j'ai trop de raisons de vdkis le commander. Mais après ce moment , si ce cœur magnanime D'un véritable amour a brûlé pour Monime , Je ne reconnois plus la foi de vos discours , Qu'au soin que vous prendrez de m'éviter toujours.
XIPHARÈS
Quelle marque, grands dieux ! d'un amour déplorable !
Combien , en un moment , heureux et misérable !
De quel comble de gloire et de félicités ,
Dans quel abîme affreux vous me précipitez !
Quoi ! j'aurai pu toucher un cœur comme le vôtre ,
Vous aurez pu m'aimer ; et cependant un autre
Possédera ce cœur dont j'attirois les vœux!
Père injuste , cruel , mais d'ailleurs malheureux ! . . .
Vous voulez que je fuie , et que je vous évite,
Et cependant le roi m'attache à votre suite.
Que dira-t-il?
MONIME
N'importe , il me faut obéir.
Inventez des raisons qui puissent l'éblouir.
D'un héros tel que vous c'est là l'effort suprême : Cherchez, prince, cherchez, pour vous trahir vous-même, Tout ce que , pour jouir de leurs contentcmenis ,
46 MITHRIDATE
L'amoar fait inventer aax vulgaires amants.
Enfin f je me connois , il y va de ma vie :
De mes foibles efforts ma vertu se dëfie.
Je sais qa'en vous voyant , un tendre souvenir
Peut m'arracher du Cteur quelque indigne soupir;
Que je verrai mon ame, en secret déchirée,
Revoler vers le bien dont elle est séparée ;
Mais je sais bien aussi que, s'il dépend de vous
De me faire chérir un souvenir si doux ,
Vous n'empêcherez pas que ma gloire offensée
N'en punisse aussitôt la coupable pensée ;
Que ma main dans mon cœur ne vous aille chercher.
Pour y laver ma honte, et vous en arracher.
Que dis-je? En ce moment, le dernier qui nous reste.
Je me sens arrêter par un plaisir funeste :
Plus je vous parle , et plus , trop foible que je suis.
Je cherche à prolonger le péril que je fuis.
Il faut pourtant, il faut se faire violence:
Et, sans perdre en adieux un reste de constance.
Je fuis. Souvenez-vous , prince , de m'éviter;
Et méritez les pleurs que vous m'allez coûter.
XIPHARÈS
Ah ! madame !. .. Elle fuit , et ne veut plus m'entendre. Malheureux Xipharès , quel parti dois-tu prendre? On t'aime ; on te bannit ; toi-même tu vois bien Que ton propre devoir s'accorde avec le sien : Cours par un prompt trépas abréger ton supplice.