MONIME, MITHRIDATE
MITHRIDATE
Enfin j'ouvre les yeux , et je me fais justice : C'est faire à vos beautés un triste sacrifice , Que de vous présenter, madame , avec ma foi , Tout l'âge et le malheur que je traîne avec moi. Jusqu'ici la fortune et la victoire m.émes Gachoient mes cheveux blancs sous trente diadèmes. Mais ce temps-là n'est plus : je régnois ; et je fuis. Mes ans se sont accrus ; mes honneurs sont détruits ; Et mon front , dépouillé d'un si noble avantage , Du temps qui l'a flétri laisse voir tout l'outrage. D'ailleurs mille desseins partagent mes esprits : D'un camp prêt à partir vous entendez les cris ; Sortant de mes vaisseaux , il faut que j'y remonte. Quel temps pour un hymen , qu'une fuite si prompte , Madame ! Et de quel front vous unir à mon sort, Quand je ne cherche plus que la guerre et la mort ? Cessez pourtant , cessez de prétendre à Pharnace : Quand je me fais justice , il faut qu'on se la fasse. Je ne souffrirai point que ce fils odieux , Que je viens pour jamais de bannir de mes yeux , Possédant une amour qui me fut déniée ,