ACTE III. (5i
Vous fasse des Romaios devenir l'alliée.
Moo trône vous est dû : loin de m'en repentir, Je vous y place même avant que de partir.
Pourvu que vous vouliez qu'une main qui m'est chère, Un fils , le digne objet de l'amour de son père , Xipharès , en un mot, devenant votre époux, Me venge de Pharnacc, et m'acquitte envers vous.
MONIME
Xipharès ! lui, seigneur?
MITHRIDATE
Oui , lui-même , madame.
D'où peut naître à ce nom le trouble de votre a me? Contre un si juste choix qui peut vous révolter? Est-ce quelque mépris qu'on ne puisse dompter? Je le répète encor : c'est un autre moi-même , Un fils victorieux , qui me chérit , que j'aime , L'ennemi des Romains , l'héritier et l'appui D'un empire et d'im nom qui va renaître en lui ; Et, quoi que votre amour ait osé se promettre , Ce n'est qu'entre ses mains que je puis vous remettre.
MONIME
Que dites-vous ? O ciel! Pourriez- vous approuver... Pourquoi, seigneur, pourquoi voulez-vous m'éprouver? #Cessez de tourmenter une ame infortunée :
Je sais que c'est à vous que je fus destinée ; Je sais qu'en ce moment , pour ce nœud solennel , La victime , seigneur, nous attend à l'autel.
62 MITHRIDATE
Venea.
MITHRIDATE
Je le vois bien : quelque effort que je fasse , Madame , vous voulez vous garder à Pharuace.
Je recoDQois toujours vos injustes mépris ; Ils ont même passé sur mon malheureux fils.
MONIME
Je le méprise !
MITHRIDATE
Hé bien , n'en parlons plus , madame.
Continuez : brûlez d'une honteuse flamme.
Tandis qu'avec mon fils je vais , loin de vos yeux , Chercher au bout du monde un trépas glorieux, Vous cependant ici servez avec son frère , Et vendez aux Romains le sang de votre père. Venez : je ne saurois mienx punir vos dédains , Qu'en vous mettant moi-même en ses serviles mains ; £t, sans plus me charger du soin de votre gloire , Je veux laisser de vous jusqu'à votre mémoire. Allons, madame, allons. Je m'en vais vous unir.
MONIME
Plutôt de mille morts dussiez-vous me punir !
MITHRIDATE
Vons résistez en vain, et j'entends votre fuite.
MONIME
En quelle extrémité , seigneur, suis-je réduite? Mais enfin je vous crois , et je ne puis penser