‹ Œuvres poétiquesChapitre 47 sur 168 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

ARCAS

Ne me demandez rien de tout ce qui se passe.

Madame : on m'a chargé d'un plus funeste emploi ; £t ce poison tous dit les volontés du roi.

PHOEDIME.

Malheureuse princesse !

MONIME

Ah ! quel comble de joie !

Donnez. Dites, Arcas, au roi qui me l'envoie, Que de tous les présents que m'a faits sa bonté, Je reçois le plus cher et le plus souhaité.

A la fin je respire ; et le ciel me délivre Des secours importuns qui me forçoient de vivre. Maîtresse de moi-même , il veut bien qu'une fois Je puisse de mon sort disposer à mon choix.

PHOEDIME.

Hélas!

MONIME

Betiens tes cris ; et , par d'indignes larmes , De cet heureux moment ne trouble point les charmes. Si tu m'aimois , Phœdime , il falloit me pleurer Quand d'un titre funeste on me vint honorer.

Et lorsque, m'arrachant du doux sein de la Grèce, Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse. Retourne maintenant chez ces peuples heureux ; Et , si mon nom encor s'est conservé chez eux , Dis -leur ce que tu vois ; et de toute ma gloire ,

86 MITHRIDATE

Phœdime , conte-leur la malhearense histoire.

Et toi , qui de ce cœur, dont tu fus adoré , Par un jaloux destin fus toujours séparé , Héros , avec qui , même en terminant ma vie , Je n'ose en un tombeau demander d'être unie , Reçois ce sacrifice ; et puisse , en ce moment , Ce poison expier le sang de mou amant !

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