‹ Œuvres poétiquesChapitre 68 sur 168 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Cest là iDut le dasger que voas pouvez courir; Et c'est peut-être ainsi que vous devez périr. Songez que votre nom fut changé dès l'eitfanoe.

ÉRIPHILE

Je n'ai de tout mon sort que cette connoissance ; Et ton père , du reste infortuné témoin , Ne me permit jamais de pénétrer plus loin.

Hélas ! dans cette Troie«où j'étois attendue , Ma gloire , disoit-il , m'alloit être rendue; J'allois , en reprenant et mon nom et mon rang , Des plus grands rois en moi reconnoitre le sang. Déjà je découvrois cette fameuse ville.

Le ciel mène à Lesbos l'impitoyable Achille : Tout cède , tout ressent ses funestes efforts ; Ton père , enseveli dans la foule des morts , Me laisse dans les fers \ moi-même inconnue ; Et, de tant de grandeurs dont j'étois prévenue, Vile esdave des Grecs , je n'ai pu conserver Que la fierté d'un sang que je ne puis prouver.

BORIS

Ah ! que perdant , madame , un témoin si fidèle, La main qui vous l'ôta vous doit sembler cruelle ! Mais Calchas est ici, Calchas si renommé.

Qui des secrets des dieux fut toujours informé. Le ciel souvent lui parle : instruit par un tel maître , Il sait tout ce qui fut et tout ce qui doit être. Pourroit-il 4e vos jours ignorer les auteurs? 3. 9

i3o IPHIGENIE.

Ce camp même est pour Toas tout plein de protecteurs. Bientôt Iphigénie, en épousant Achille, Vous va sous son appui présenter un asile ; • Elle vous l'a promis et juré devant moi.

Ce gage est le premier qu'elle attend de sa fol.

ÉRIÇHILE.

Que dirois-tu , Dons , si , passant tout le reste , Cet hymen de mes maux étoit le plus funeste?

DORIS

Quoi , madame !

ÉRIPHILE

Tu vois avec étonnement Que ma douleur ne souf&e aucun soulagement.

Écoute , et tu te vas étonner que je vive :

C'est peu d'être étrangère, inconnue, et captive; Ce destructeur fatal des tristes Lesbiens , Cet Achille , l'auteur de tes maux et des miens. Dont la sanglante main m'enleva prisonnière , Qui m'arracha d'un coup ma naissance et ton père. De qui , jusques au nom , tout doit m'étre odieux , Est de tous les mortels le plus cher à mes yeux.

DORIS

Ah ! qi^e me dites-vous !

ÉRIPHILE

Je me flattois sans cesse Qu'un silence éternel cacheroît ma foiblesse; Mais mon poeur trop ptessé m'arrachç ce discours.

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