‹ Œuvres poétiquesChapitre 7 sur 168 · MONIME, PHARNACE, XIPHARÈS · texte numérisé non relu

MONIME, PHARNACE, XIPHARÈS

PHARNACE

Jusques à quand , madame, attendrez>vous mon père?

Des témoins de sa mort viennent à tous moments

Condamner votre doute et vos retardemeuts.

Venez , fuyez l'aspect de ce climat sauvage ,

Qui ne parle à vos yeux que d'un triste esclavage :

Un peuple obéissant vous attend à genoux ,

Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous.

Le Pont vous reconnoît dès long-temps pour sa reine :

Vous en portez encor la marque souveraine ;

Et ce bandeau royal fut mis sur voire front

aa MITHRIDATE.

Gomme un gage assuré de l'empire de Pont.

Maître de cet état que mon père me laisse , Madame , c'est à moi d'accomplir sa promesse. Mais il faut, croyez-moi, sans attendre plus tard. Ainsi que notre hymen presser notre départ:

Nos intérêts communs et mon cœur le demandent. Prêts à vous recevoir mes vaisseaux tous attendent; £t du pied de l'autel vous y pouvez monter.

Souveraine des mers qui vous doivent porter.

MONIME

Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre. Mais, puisque le temps presse, et qu'il faut vous répondre, Puis-jc , laissant la JFeinte et les déguisements , Vous découvrir ici mes secrets sentiments?

PHARNACE

Vous'pouvez tout.

MONIME

Je crois que je vous suis connue.

Éphèse est mon pays ; mais je suis descendue D'aïeux , ou rois , seigneur, ou héros qu'autrefois Leur vertu, chez les Grecs, mit au-dessus des rois. Mithridate me vit; Éphèse , et l'Ionie , A son heureux empire étoit alors unie :

Il daigna m'envoyer ce gage de sa foi.

Ce fut pour ma famille une suprême loi :

Il fallut obéir. Esclave couronnée , Je partis pour l'hymen où j'étois destinée.

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