SCÈNE IV
AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, iEGINE.
CLTTEMNESTRE.
Venez y venez ^ ma fille^ on n'attend plus que vous;
Venez remercier un père qui vous aime ,
Et qui veut à l'autel vous conduire lui-même.
i68 IPHIGÉNIE.
A6AMEMN0N.
Que vois-je? Quel discours ! Ma fille, vous pleurez , Et baissez deyant moi tos yeux mal assurés :
Quel trouble ! Mais tout pleure , et la fille et la mère. Ah ! malheureux Arcas , tu m'as trahi !
IPHIGÉNIE
Mon père , Cessez de vous troubler, vous n'êtes point trahi : Quand vous commanderez , vous serez obéi.
Ma vie est votre bien ; vous voulez le reprendre : Vos ordres sans détour pouvoient se faire entendre. D'un œil aussi content, d'un cœur aussi soumis , Que j'acceptois l'époux que vous m'aviez promis , Je saurai , s'il le faut , victime obéissante , . Tendre au fer de Calchas une tête innocente; Et, respectant le coup par vous-même ordonné , Vous rendre tout le sang que vous m'avez donné. Si pourtant ce respect, si cette obéissance Paroît digne à vos yeux d'une autre récompense ; Si d'une mère en pleurs vous plaignez les ennuis , J'ose vous dire ici qu'en l'état où je suis Peut-être assez d'honneurs environnoient ma vie Pour ne pas souhaiter qu'elle me fût ravie, Ni qu'en me l'arrachant, un sévère destin , Si près de ma naissance, en eût marqué la fin. Fille d'Agamemnon , c'est moi qui , la première , Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père;