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ACTE IV

Cest moi qui , si long-temps le plaisir de vos yeux ,

Voas ai fait de ce nom remercier les dienz,

Et pour qui, tant de fois prodiguant vos caresses ,

Vous n'avez point du sang dédaigné les foiblesses.

Hélas! avec plaisir je me faisois conter

Tous les noms des pays que vous allez dompter;

Et déjà, d'Uion présageant la conquête,

D'un triomphe si beau je préparois la fête.

Je ne m'attendois pas que , pour le commencer.

Mon sang fût le premier que vous dussiez verser.

Non que la peur du coup dont je suis menacée

Me fasse rappeler votre bonté passée :

Ne craignez rien : mon cœur, de votre honneur jalonx.

Ne fera point rougir un père tel que vous ;

Et, si je n'avois en que ma vie à défendre ,

J'aurois su renfermer un souvenir si tendre :

Mais à mon triste sort , vous le savez , seigneur,

Une mère , un amant , attachoient leur bonheur.

Un roi digne de vous a cru voir la journée

Qui devoit éclairer notre illustre hyménée.;

Déjà, sûr de mon cœur à sa flamme promis.,

n s'estimoit heureux : vous me l'aviez permis.

n sait votre dessein ; jugez de ses alarmes.

Ma mère est devant vous ; et vous voyez ses larmes.

Pardonnez aux efforts que je viens de tenter

Pour prévenir les pleurs que je leur vais coûter,

17© IPHIGÉNIE

AGAMEMNOIf.

Ma fille, il est trop vrai: j'igaore pour qael crime La colère des dieux demande une victime :

Mais ils vous ont nommée : un oracle cruel Vent qu'ici votre sang coule sur un autel.

Pour déBendre vos jours de leurs lois meurtrières. Mon amour n'avoit pas attendu vos prières.

Je ne vous dirai point combien j'ai résisté : Croyez-en cet amour par vous-même attesté.

Cette nuit même encore , on a pu vous le dire^ J'avois révoqué l'ordre où l'on me fit souscrire : Sur l'intérêt des Grecs vous l'aviez emporté. Je vous sacrifiois mon rang, ma sûreté..

Arcas alloit du camp vous défendre l'entrée : Les dieux n'ont pas voulu qu'il vous ait rencontrée: Us ont trompé les soins d'un père infortuné Qui protégeoit en vain ce qu'ib ont condamné. Ne vous assurez point sur ma foible puissance : Quel frein pourroit d'un peuple arrêter la licence, Qaand les dieux , nous livrant à son zèle indiscr^, L'affranchissent d'un joug qu'il portoit à regret? Ma fille f il faut céder : votre keore est arriva. Songez bien dans quel rang vous êtes élevée : Je vous donne un conseil qu'à peine je reçoi ; Du coup qui vous attend vous mourrez moins que moi : Montrez , en expirant , de qui vous êtes née ;

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