POUR LE SIEUR GARINOT
La nopce se faisait du frère de Marie Dans la Maque à Paris, en grand' solennité, Quand là je fus piqué d'aller voir ma beauté Qui tient en son pouvoir mon esprit et ma vie.
Dedans la sale entré, mon ame fut ravie D'aise et contentement, contemplant la clarté Des deux soleils jumeaux de sa douce fierté, Qui faisaient un beau jour d'une nuit embrunie,
J'estois venu pour voir, et non pour estre veu; Mais aussitôt je fus d'un chacun apperceu. L'un disait : « Le vaicy, il le faut faire prendre.
C'est un tel, amoureux de nostre Marion . »
Comme l'on devisait, vaicy venir Blanchon
Qui me dit: « Pour danser à vous je me viens rendre. »
Otrois fois plus qu'heureux ! à vous je me viens rendre! Que béni soit le jour qui me fit amoureux, Pour me voir maintenant, de tout point bien-heureux. Me voyant devant tous d'une déesse prendre
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0 prendre bien heureux que je ne scay comprendre, Tant sa félicité me comprend ! désireux A mon emprise d'estre en tout temps vigoureux Et de telle vigueur tousjours vigueur reprendre.
0 beauté sans seconde ! 0 gloire de Paris, Ains de tout l'univers, qui tenez mes esprits. Mon cœur et mon vouloir dessous vostre puissance!
Hé ! soyez pourjamès, je vous prf, avec moy, Puisque de si longtemps j'ay consacré ma foy. Mon honneur et mon mieux à vostre obéissance.