A ELLE-MESME
Ma-Dame, qui voudroit célébrer vostre race Noble, qui a tenu Veronne sous ses lois, Triomphant bravement sous le fait du harnois, Digne d'avoir autels, où les faits et la face
De vos ayeuxfut peinte au dessus de la place; Qui voudroit sur le luth fredonner de ses doigts Les vertus qui vous font reluire aux courts des rois. S'il n'est un bon sonneur, en vain prendroit l'audace.
Ainsi moy mal-habil' je n'entreprends encor De chanter amplement le précieux thresor Des vertus qui vous font en ce monde reluire;
Lorsque j'auray gousîé et succé le doux fruit Qu'apporte un long usage, en lisant jour et nuit^ Alors on me voirra voz raritez escrire.
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SONET
Si je n' offrais des vers à celle en qui les Muses Ont versé tout le mieux de leur docte sçavoir. En qui les Grâces ont leurs grâces fait avoir. Et en qui la beauté et vertu sont infuses.
Je faudrois grandement : nulles subtiles ruses Ne sçauroient pallier son trop craintif vouloir; Ce que 'fen fais pourtant vient du peu de pouvoir Que je crois estre en moy; ce sont donc mes excuses.
Toutesfois en passant je puis dire cela Que déesse du ciel oncques ne dévala.
Qui eust en ce bas lieu plus d^ honneur ny de grâce
Que vous portez au front de rares rariîez, Que vous avez en vous de divines beautez, Qui font qu'en me taisant j^ admire vostre face.
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