‹ Œuvres poétiquesChapitre 53 sur 62 · AU SEIGNEUR EDOUARD · texte numérisé non relu

AU SEIGNEUR EDOUARD

Mon vers est si petit, ma Muse si petite, Mon chant si enroué, si peu forte ma vois. Que d'un grand Edouard entonner le mérite N'appartient seulement qu'aux princes et aux roys.

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Uun chantera de Mars la force et le courage. Vautre lou'ra les rois, les princes et seigneurs, Et l'autre entonnera de Venus les honneurs, Son œil, son ris, ses traits et son gentil corsage.

L'un voudra s'esgayer {orné d'un beau ramage) Sus un hymne mondain qui de sa voix les cœurs Des hommes va charmant; l'autre dira des mœurs. L'un à mespris aura la loy du mariage ;

L'autre d'un vers doré des célestes flambeaux, Qui de Mars, qui des rois, qui des humides eaux. Qui d'amour, qui des deux, qui dira de sagesse.

Quant à moy, je ne veux désormais que mes vers Chantent sinon le los de Dieu par l'univers, Luy offrant tout le fruit de ma tendre jeunesse.

Les dieux jadis avoient pris en tutelle L'arbre duisant à leur divinité.

Jupin voulut le chaisne aime-cité; le myrthe verd fut à Venus la belle.

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Le Delien veut la fueille immortelle Du verd laurier; Hercule l'indompté A le peuplier des ondes habité, Le pin hautain appartient à Cybelle,

Quand Pallas dit : « De quoy vous sert d'avoir Ces arbres là, sans fruit en recevoir i » Lors Juppiter respond à sa demande :

« C'est pour autant que l'honneur bien conduit Ne se vend point en l'espoir d'aucun fruit : Le vray honneur ne s'acquiert par offrande, »

Minerve alors respond en cesie sorte :

« Je veux avoir, quant à moy, l'olivier; Cest arbre m'est sur tous plus singulier, Pour le bon fruit que tous les ans me porte.

Tels ayes donc; cestuy me reconforte :

Je veux tousjours les autres obvier Infructueux; faites vous dédier Tant que voudrez ce que le vent emporte! »

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Ainsi disait. Juppin la prend soudain,

La baise et dit : « Ha ! quW bon droit Vhumain

Croit que tu es née de ma cervelle !

Puisque tu es estimée de tous Sage, je crois que tout i'utile-doux Doit ensuivir la louange éternelle. »

VOriant nous produit mainte pierre drillantey Le diamant, saphis, esmeraude, rubis.

Et maint autre qui peut éveiller nos esprits, Tant d'elles la beauté noz yeux humains contente,

L'Oriant tous les jours le clair Phœbus enfante; De l'Oriant vient l'or; les choses de grand pris Sortent de l'Oriant : qui ne seroit espris De tant de beaux presens dont l'Oriant se vantée

Le séjour de l'Aurore est le beau Oriant;

Au pais d'Oriant tout va tousjours riant :

Bref, qui voit POriant voit le plus beau du monde.

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Mais, sans aller si loin, si quelqu*an veut sçavoir Que c'est que d'Oriant, celuy te viene voir, Oriant, où l'honneur de VOriant abonde.

SONET

SUR l'anagramme du sieur perrinet des aubers.

Ce laurier verdoyant, qui ton front environne, Demeurera tousjours en sa belle verdeur : Le laurier d'Apollon a verte sa couleur; La céleste vertu telle vertu luy donne.

Des Aubers, la vertu jamais ne f abandonne. Aussi dés ton berceau fa suyvi le bon-heur. Où Phœbus te remplit de sa sainte fureur, Puis te mit sur le chef ceste belle couronne.

Quand tu estois petit, ses Sœurs faccompaignoienî Et tousjours à ta table avecques toy vivoient. Tu estois et leur soin et leur solicitude.

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