C'est le premier éditeur qui a donné ce tilro
L'été va dissiper de si promptes alarmes. Nous devons en naissant tous un tribut de larmes. Les siennes ont déjà trop satisfait aux dieux. Sa beauté, ses vertus, ses grâces naturelles, N'ont point des dieux sans doute, ainsi que des mortelles Armé le courroux envieux.
Belle bientôt comme elle, au retour d'Érigone L'enfant va ranimer, nourrisson de Pomone, Ce front que de Borée un souffle avait terni. Oh! de la conserver, cieux, faites votre étude; Que jamais la douleur, même l'inquiétude, N'approchent du sein de Fanny.
Que n'est-ce encor ce temps et d'amour et de gloire Qui de PoUux, d'Alceste, a gardé la mémoire. Quand un pieux échange apaisait les enfers ! Quand les trois sœurs pouvaient n'être point inflexibles. Et qu'au prix de ses jours, de leurs ciseaux terribles On rachetait des jours plus chers!
Oui, je voudrais alors qu'en effet toute prête, La Parque, aimable enfant, vînt menacer ta tête, Pour me mettre en ta place et te sauver le jour ; Voir ma trame rompue à la tienne enchaînée, Et Fanny s'avouer par moi seul fortunée, Et s'applaudir de mon amour.
Ma tombe quelque jour troublerait sa pensée. Quelque jour, à sa fille entre ses bras pressée. L'œil humide peut-êire, en passant près de moi :
<t Celui-ci, dirait-elle, à qui je fus bien chère, Fut content de mourir, en songeant que ta mère N'aurait point à pleurer sur toi. »
IV
A FAISNy^
Non, de tous les amants les regards, les soupirs
Ne sont point des pièges perfldes.
Non, à tromper des cœurs délicats et timides
Tous ne mettent point leurs plaisirs.
Toujours la feinte mensongère Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs,
Une insidieuse prière.
Non, avec votre image, artifice et détour,
Fanny, n'habitent point une âme ; Des yeux pleins de vos traits sont à vous. Nulle femme
Ne leur paraît digne d'amour.
Ah ! la pâle fleur de Clytie Ne voit au ciel qu'un astre ; et l'absence du jour
Flétrit sa tête appesantie.
Des lèvres d'une belle un seul mot échappé
Blesse d'une trace profonde Le cœur d'un malheureux qui ne voit qu'elle au monde.