‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 109 sur 173 · Le titre est de la main du premier éditeur · texte numérisé non relu

Le titre est de la main du premier éditeur

Son cœur pleure en secret frappé.

Quand sa bouche feint de sourire.

Il fuit; et jusqu'au jour, de son trouble occupé, ' Absente, il ose au moins lui dire :

Œ Fanny, belle adorée, aux yeux doux et sereins,

Heureux qui n'ayant d'autre envie Que de vous voir, vous plaire et vous donner sa vie,

Oublié de tous les humains.

Près d'aller rejoindre ses pères.

Vous dira, vous pressant de ses mourantes mains :

Crois-tu qu'il soit des cœurs sincères ? »

Fanny, l'heureux mortel qui près de toi respire Sait, à te voir parler, et rougir, et sourire, De quels hôtes divins le ciel est habité. La grâce, la candeur, la naïve innocence

Ont, depuis ton enfance.

De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté.

Sur tes traits où ton âme imprime sa noblesse. Elles ont su mêler aux roses de jeunesse Ces roses de pudeur, charmes plus séduisants, Et remplir les regards, tes lèvres, ton langage.

De ce miel dont le sage Cherche lui-même en vain à défendre ses sens.

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