‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 113 sur 173 · Titre donné par le premier éditeur · texte numérisé non relu

Titre donné par le premier éditeur

Oui, quoique meilleure et plus belle, Toi-même cependant tu n'es qu'une mortelle ; Je le vois. Mais du ciel, toi, l'orgueil et l'amour, Tes beaux ans sont sacrés. Ton âme et ton visage

Sont des dieux la divine image; Et le ciel s'applaudit de t'avoir mise au jour.

Le ciel t'a vue en tes prairies Oublier tes loisirs, tes lentes rêveries, Et tes dons et tes soins chercher les malheureux, Tes délicates mains à leurs lèvres amères

Présenter des sucs salutaires, Ou presser d'un lin pur leurs membres douloureux.

Souffrances que je leur envie!

Qu'ils eurent de bonheur de trembler pour leur vie. Puisqu'ils virent sur eux tes regrets caressants! Et leur toit rayonner de ta douce présence.

Et la bonté, la complaisance, Attendrir tes discours, plus chers que tes présents !

Près de leur lit, dans leur chaumière.

Ils crurent voir descendre un ange de lumière. Qui des ombres de mort dégageait leur flambeau; Leurs cœurs étaient émus, comme aux yeux de la Grèce,

La victime qu'une déesse Vint ravir à l'Aulide, à Calchas, au tombeau.

Ah ! si des douleurs étrangères D'une larme si noble humectent tes paupières Et te font des destins accuser la rigueur,

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