ECRIT A SAINT-LAZARE
Mon frère, que jamais la tristesse importune
Ne trouble ses prospérités !
Qu'il remplisse à la fois la scène et la tribune;
Que les grandeurs et la fortune Le comblent de leurs biens qu'il a tant souhaités !
Que les muses, les arts, toujours d'un nouveau lustre
Embellissent tous ses travaux; Et que, cédant à peine à son vingtième lustre,
De son tombeau la pierre illustre S'élève radieuse entre tous les tombeaux!
Mais
Infortune, honnêtes douleurs.
Souffrance, des vertus superbe et chaste fille,
Salut. Mes frères, ma famille.
Sont tous les opprimés, ceux qui versent des pleurs;
Ceux que livre à la hache un féroce caprice ;
Ceux qui brûlent un noble encens Aux pieds de la vertu que l'on traîne au supplice,
1. Les deux premières strophes sont dans l'édition de 1819, mais à la deuxième personne, non à la t^o^^ièra9 : les prospérités,... le comblent..., etc. Les strophes suivantes ont été données pour la première fois par M. G. de Chénier. Elles changent bien le caractère du morceau.
Et bravent le sceptre du vice, Ses caresses, ses dons, ses regards menaranls,
Ceux qui, devant le crime, idole ensanglantée,
N'ont jamais fléchi les genoux, Et soudain, à sa vue impie et détestée.
Sentent leur poitrine agitée.
Et s'enflammer leur front d'un généreux courroux.
XV