Edition 1819, saut les trois premiers vers
Byzance, mon berceau, jamais tes janissaires Du musulman paisible ont-ils forcé le seuil? Vont-ils jusqu'en son lit, nocturnes émissaires, Porter l'épouvante et le deuil?
Son harem ne connaît, invisible retraite, Le choix, ni les projets, ni le nom des vizirs. Là, sûr du lendemain, il repose sa tète, Sans craindre, au sein de ses plaisirs,
Que cent nouvelles lois qu'une nuit a fait naître, De juges assassins un tribunal pervers.
Lancent sur son réveil, avec le nom de traître, La mort, la ruine, ou les fers.
Tes mœurs et ton Coran sur ton sultan farouche Veillent, le glaive nu, s'il croyait tout pouvoir, S'il osait tout braver, et dérober sa bouche Au frein de l'antique devoir.
Voilà donc une digue où la toute-puissance Voit briseï' le torrent de ses vastes progrès. Liberté qui nous fuis, tu ne fuis point Byzance; Tu planes sur ses minarets.
ODES 28i
XIV 1