L'auteur n'a mis que l'initiale C
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Grâce à notre sénat, le ciel n'est donc plus vide!
De ses fonctions suspendu, Dieu
Au siège éternel est rendu.
Il va reprendre en main les rênes de la terre.
Il faut espérer qu'après ua exil de plusieurs mois il se conduira mieux... et que sa première marque de repentance sera de punir ses nouveaux adorateurs... Quoi ! Dieu tout-puissant, tu souffres que de pareils personnages te louent et t'avouent! Tu endures la dérision avec laquelle ils te bravent, et croient que tu existes quand ils vivent !
Tu ne crains pas qu'au pied de ton superbe trône,
Spinosa, te parlant tout bas, Vienne te dire encore : Entre nous, je soupçonne,
Seigneur, que vous n'existez pas.
Que croiront les mortels, quand ils verront que sous tes yeux, le nom de vertu est prononcé par des bouches qui...; de probité, par des bouches qui...; d'humanité, par des bouches qui...; et que tout est le sujet de leur basse et dérisoire hypocrisie!
Quoi ! ton œil qui voit tout, sans les réduire en cendre,
pénètre dans les antres affreux, où les Carrier, les Lequinio, couchés sur des cadavres, rongent des ossements hu-
1. Édition de G. de Chénier. Composé à propos de la fête de l'Être suprême.
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mains! Quoi! tu ne fais point éclater la foudre, lorsque des hommes entassés sont écrasés sous leurs prisons par l'explosion du canon! Tu contemples la Loire, le Rhône, la Charente...
Ton œil de .eurs pensers sonde les noirs abîmes,
Ces lacs de soufre et de poisons, Ces océans bourbeux où fermentent les crimes;
Que de ses plus ardents tisons
dévore la plus lâche Euménide... car tu n'es pas réduit comme nous, à reconnaître un Couthon à ses actions et à la bassesse de son affreux visage... Tu vois au lieu d'un cœur bouillir dans sa poitrine un fétide mélange de bitume, de rage, de haine pour la vertu, de vol, de calomnie... et de fange... d'oii, par sa bouche impure s'exhale la mort des gens de bien, etc.*
Ils vivent cependant! et de tant de victimes Les cris ne montent point vers toi !
i La première rédaction de cette pièce continuait ainsi : Et tu ne tonnes pas! et les cris de tant d'infortunés ne montent point jusqu'à toi 1 et tu laisses un pauvre diable de pjète se charger de leur ?eageance et tonner seul sur ces scélérats et sur l'horrible dicast... (tribunal) et jur... (jury), etc.
Ils croyaient se cacher dans leur bassesse obscure.
Sur ses pieds inégaux l'epode vengeresse
Saura les atteindre pourtant.
Diamant ceint d'azur, Paros, œil de la Grèce,
De l'onde Egée astre éclatant !
Dans tes flancs où nature est sans cesse à l'ouvrage,
Pour le ciseau laborieux, Germe et blanchit le marbre honoré de l'image
Et des grands hommes et des dieux.
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C'est un pauvre poète, ô grand Dieu des armées!
Qui seul, captif, près de la mort.
Attachant à ses vers les ailes enflammées
De ton tonnerre qui s'endort, De la vertu proscrite embrassant la défense,
Dénonce aux juges infernaux Ces juges, ces jurés qui frappent l'innocence,
Hécatoml)e à leurs tribunaux.
Eh bien, fais-moi donc vivre, et cette horde impure
Sentira quels traits sont les miens!
Ils ne sont point cachés dans leur bassesse obscure
Je les vois, j'accours, je les tiens!
... 0 Dieu, la vertu... ta fille L'innocence, la probité, etc., ta famille...
Mais pour graver ausîi la honle ineffaçable,
Paros de l'ïambe acéré Aiguisa le burin brûlant, impérissable.
Fils d'Archiioque, fier André, Ne détends point ton arc, fléau de l'imposture.
Que les passants pleins de tes vers, Les siècles, l'avenir, que toute la nature
Crie à l'aspect de ces pervers :
« Hou, les vils scélérats! les monstres, les infâmes I
De vol, de massacres nourris!
Noirs ivrognes de sang, lâches bourreaux de femmes,
Qni n'égorgent point leurs maris ; Du fils tendre et pieux, et du malheureux père
Pleurant son fils assassiné; Du frère qui n'a point laissé dans la misère
Périr son frère abandonné.
Vous n'avez qu'une vie., ô vampires,
El vous n'expierez qu'une fois Tant de morts, et de pleurs, de cendres, de décombres,
Qui contre vous lèvent la vo'.x 1
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VI
Vingt barques, faux tissus de planches fugitives,
S'enti'ouvraiit au milieu des eaux, Ont-elles, par milliers, dans les gouffres de Loire
Vomi des Français enchaînés.
Au proconsul Carrier, implacable après boire.
Pour son passe-temps amenés?
Et ces porte-plumets, ces commis de carnage.
Ces noirs accusateurs Fouquiers, Ces Dumas, ces jurés, horrible aréopage
De voleurs et de meurtriers, Lesai-je poursuivis jusqu'en leurs bacchanales.
Lorsque, les yeux encore ardents, Altablés, le bordeaux de chaleurs plus brutales
Allumant leurs fronts impudents, Ivres et bégayant la crapule et les crimes.
Ils rappellent avec des ris.
Leurs meurtres d'aujourd'hui, leurs futures victimes;
Et parmi les chansons, les cris, Trouvent deçà delà, sous leur main, sous leur bouche.
De femmes un vénal essaim, Dépouilles du vaincu, transfuges de sa couche,
Pour la couche de l'assassin; Car ce sexe ébloui de tout semblant de gloire,