Édition de G. de Chénier
296 ïambes
Né l'héritage du plus fort*, Quel que soit le vainqueur suit toujours la victoire;
D'une lèvre arbitre de mort Étale le baiser, le brigue avec audace ;
Et pour nulle oppressive main Leur jupe n'est pesante, et l'épingle tenace
N'a de pointe autour de leur sein.
Le remords est, dit-on, l'enfer où tout s'expie.
Quel remords agite le flanc, Tourmente le sommeil du tribunal* impie
Qui mange, boit, rote du sang ?
Car qui peut noblement de leur bande perverse
Rendre les attentats fameux?
Ces monstres sont impurs, la lance qui les perce
Sort impure, infecte comme eux'.
Vil*
Quand au mouton bêlant la sombre boucherie
Ouvre ses cavernes de mort.
Pâtres, chiens et moutons, toute la bergerie
Ne s'informe plus de son sort.
i. L'auteur a d'abord écrit : "
Héritage-né du plus fort.
(G. de Chénier).