‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 133 sur 173 · Édition de G. de Chénier · texte numérisé non relu

Édition de G. de Chénier

296 ïambes

Né l'héritage du plus fort*, Quel que soit le vainqueur suit toujours la victoire;

D'une lèvre arbitre de mort Étale le baiser, le brigue avec audace ;

Et pour nulle oppressive main Leur jupe n'est pesante, et l'épingle tenace

N'a de pointe autour de leur sein.

Le remords est, dit-on, l'enfer où tout s'expie.

Quel remords agite le flanc, Tourmente le sommeil du tribunal* impie

Qui mange, boit, rote du sang ?

Car qui peut noblement de leur bande perverse

Rendre les attentats fameux?

Ces monstres sont impurs, la lance qui les perce

Sort impure, infecte comme eux'.

Vil*

Quand au mouton bêlant la sombre boucherie

Ouvre ses cavernes de mort.

Pâtres, chiens et moutons, toute la bergerie

Ne s'informe plus de son sort.

i. L'auteur a d'abord écrit : "

Héritage-né du plus fort.

(G. de Chénier).

Page 1