C'est-à-dire font les Solon, les législateurs
Che ne avverrà, non so : ma trista sera Giunger non puovvi ornai, che essai men Irisla Deila notle non «ia che in Francia v'eia.
lo frattanto, cui l'aima non contiista, Ne Stella arabizione, ni avara sete, Traggo mia vita dolceraente mista
Di gloria e amor, presso aile luci liele Di quella oncsta*, a cui tu pure hai scritlo; E imparo che fra' spini allor si miete.
Ma instancabile sto, tenace e invitto Nel sublime proposto; e giorno e notle Limo, cangio, riscrivo il già riscritlo,
Perché aile mie tragédie non si annotte, Quand'io poi muto giacerommi in tomba, Come accader vuol délie carte indotte.
E ci vuol molto a far suonar la tromba Délia ciarliera che appelliam noi Fama, Cui de' secoli poi l'eco rimbomba.
Pur, puo in me tanto questa insana brama, Ch'io supporto per essa anco i tormenti Di cio che a torlo morte non si chiama;
Del riveder gli stolti mancaraenti De' stampatori, e correttori, e proti.
L'un più deir altro a gara disattenti.
Ond'io tra' puntl, e come ed effi, e joli Vo' consumando e giorni e mesi ed anni, Perch' a intender pur m'abbian gl' idioti.
1. La belle modeste, c'est la comtesse d'Albany, femme du dernier des Stuarls. Devenue veuve en 1788, lo comte Alfieri venait de l'épouser. Il régnait une grande amitié entre les deux époux et André.
Ma tu, che fai Ira i torpidi Britaiini, La di cui mesta taciturna faccia Délie spesse lor nobbie addoppia i danni?
Non v' è fra i loro dotti un che ti piaccia? E il credo anch' io : da loro è d'uopo a slento Unciiiar la parola che ti agghiaccia.
Ma, costà si prépara, a quel ch' io sente, fel rinsavito re, pomposa festa, Che di letizia egli è ricco argoraento.
E maraviglia espressa, in ver, fu questa, (E taie anche a te par) non ch' ei trovasse, Ma ch' ei perder potesse un re la testa.
Se ne rallegri or duuque Londra; e passe Il bel nuovo miracolo ai futuri Per tornagusto a quel che un re nojasse.
Tu caccia intanto i pensanienti oscuri; E allô scriver sol pensa, a scriver nato; Che non è cosa al monde altra che duri.
Amami; e riedi ove ognor sei bramato.
TRADUCTION
La voici donc enfin ta douce lettre, cher Ghéniei-, cette lettre si longtemps attendue et que j'aurais souhaitée un peu plus longue.
Mais tu as su présenter ta petite paresse sous un jour si aimable que je suis convaincu que ton silence ne provient pas d'un manque d'affection.
Moi, qui pourtant ne le cède à personne en paresse, je veux non-seulement te répondre, mais encore te répondre en vers, qui seront fort maigres à ce que je vois.
Mais comme je sais que tu aimes les lettres antiques, que
tu t'es abreuvé à la fontaine et que lu écris des vers trempés de miel attique,
Je veux te faire avaler ces méchants vers, pour te punir de ton silence, qu'il est bien juste de te faire payer d'une façon ou d'une autre.
J'apprends qu'elle est pour toi plus amère que l'absintlie, cette Londres où tu te trouves étranger : et véritablement c'est le supplice de Mezence,
Que d'habiter chez une nation où personne ne vous favorise des beaux liens de la joyeuse amitié. Ah ! tu as bien raison de dire qu'elle a des clous de fer,
La nécessité, déesse inexorable, seule divinité à qui le tyran cède lui aussi quand elle devient géante.
De ce que je dis, un bol exemple est donné maintenant par tes Français, qui sont voisins de la liberté, précisément parce qu'ils ont usé la servitude.
Ici maintenant on n'entend plus qu'un seul cri; grands et petits, hommes et femmes, militaires et prêtres, tous les Parisiens solonisent.
On n'entend que ce cri : les Etats! et si le souffle répond au désir, je crois que le règne des soldats touche à sa fin.
La triste gent, dont toute cour est pleine, murmure elle aussi, et elle pense que la chaîne rompue pourra se ressouder.
Je ne sais ce qui en résultera, mais quelque tristes que soient les soirées qui adviendront, elles le seront beaucoup moins que la nuit qui régnait en France.
Cependant moi dont l'àme n'est affligée ni par une sotte ambition, ni par la soif de l'avarice, je traîne une vie doucement mêlée
De gloire et d'amour, près des yeux riants de cette vertueuse femme à qui tu as écrit, et j'apprends à moissonner des lauriers parmi les épines.
Mais je suis infatigable, tenace et invaincu dans mon sublime dessein : jour et nuit, je lime, je change, et ce que j'ai écrit deux fois je l'écris encore,
Pour que mes tragédies, quanc^ je serai couché muet
dans le sépulcre, ne tombent pas dans la nuit de l'oubli, comme il arrive aux écrits des ignorants.
Et que d'efforts pour faire résonner la trompette de cette bavarde que nous appelons Renommée et faire retentir ensuite l'écho des siècles!
Ce désir insensé me domine tellement qu'il me fait supporter les tourments de cette chose qu'on a bien tort de ne pas appeler mort.
C'est-à-dire de revoir les sottes erreurs des imprimeurs, correcteurs et proies, tous à l'envi plus inatfcentifs les uns que les autres.
Parmi les points et les virgules, les f et les j, je consume donc les jours, les mois et les années, pour que les ignorants puissent me comprendre.
Mais toi, que fais-tu chez ces flegmatiques Anglais, dont la triste et taciturne face redouble les désagréments de leurs épais brouillards?
N'y a-t-il point parmi leurs savants quelqu'un qui te plaise? Je crois qu'un croc serait bien utile pour leur arracher du gosier ies paroles qui te glacent.
Mais il se prépare chez eus, à ce que j'apprends, une fête pompeuse, en l'honneur du roi qui a recouvré la raison, ce qui est un grand sujet de réjouissance.
En vérité, c'est une grande merveille, et qui doit te paraître telle, non-seulement qu'un roi ait retrouvé sa raison, mais encore qu'il ait pu la perdre.
Que Londres s'en réjouisse donc maintenant et que ce miracle nouveau passe à la postérité, pour raviver le royalisme de ceux qui se dégoûteraient d'un roi.
En attendant, chasse tes sombres pensées. Toi qui es né pour écrire, ne pense qu'à écrire. C'est la seule chose au monde qui soit durable.
Aime-moi et reviens où tu es toujours désiré.
(Trad. B. de F.)