‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 2 sur 173 · A LE BRUN · texte numérisé non relu

A LE BRUN

Laisse gronder le Rhin et ses flots destrjcteurs, Musf ; va de Le Brun gourmander les lenteurs.

i Édition 1819.

Vole aux bords fortunés où les champs d'ÉIysée De la ville des lis ont couronné l'entrée ; Aux lieux oîi sur l'airain Louis, ressuscité, Contemple de Henri le séjour respecté, Et des jardins royaux l'enceinte spacieuse. Abandonne la rive où la Seine amoureuse, Lente, et comme à regret quittant ces bords chéris, Du vieux palais des rois baigne les murs flétris S Et des fils de Condé les superbes portiques 2. Suis ces fameux remparts et ces berceaux antiques Où, tant qu'un beau soleil éclaire de beaux jours. Mille chars élégants promènent les amours. Un Paris tout nouveau sur les plaines voisines S'étend et porte au loin, jusqu'au pied des collines, Un long et riche amas de temples, de palais, D'ombrages où Tété ne pénètre jamais 3 : C'est là son Hélicon. Là, la course fidèle Le trouvera peut-être aux genoux d'une belle. S'il est ainsi, respecte un moment précieux; Sinon, tu peux entrer ; tu verras dans ses yeux. Dès qu'il aura connu que c'est moi qui t'envoie. Sourire l'indulgence et peut-être la joie. Souhaite-lui d'abord la paix, la liberté, Les plaisirs, l'abondance et surtout la santé. Puis apprends si, toujours ami de la nature, Il s'en tient comme nous aux bosquets d'Épicure, S'il a de ses amis gardé le souvenir.

Quelle muse à présent occupe son loisir,

1. Le Brun était alors logé au Louvre. (Voir ses Odes, 1. IV, od. ii.)

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