Essais, liv. III, chap. n
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... Toi, arLre ou fleuve, réponds, pourquoi fais-tu ceci et cela? — Je le fais pour... Et toi telle autre chose, pourquoi ? — Je le fais pour... Cette qualité que je prodigue, je la tiens de telle chose, je la dispense à telle autre qui la communiquera à telle autre, etc.
Et si le bien existe il doit seul exister.
Ces atomes de vie, ces semences premières sont toujours en égale quantité sur la terre et toujours en mouvement. Ils passent de corps en corps, s'alambiquent, s'élaborent, se travaillent, fermentent, se subtilisent dans leur rapport avec le vase où ils sont actuellement contenus. Ils entrent dans un végétal, ils en sont la sève, la force, les sucs uoui-riciers. Ce végétal est mangé par quelque animal, alors ils se transforment en sang et en cette substance qui produii'a un autre animal et qui fait vivre les espèces, ou dans un chêne ce qu'il y a de plus subtil se rassemble dans le gland.
Ainsi, jeune et tendre nourrisson, ta mère même en prenant sa nourriture, ne mange que pour toi, ne consulte que toi.
Et des sucs d'une table innocente et choisie, Amasse dans son sein les dépôts de ta vie.
Quand la terre forma les espèces animales, plusieurs périrent par plusieurs causes à développer. Alors d'autres corps organisés (car les organes vivants secrets meuvent les végétaux, minéraux ' et tout) héritèrent de la
1. « J'entends par matiève vive, non-seulement tous les êtres qui vivent ou vi'gètent, mais encore toutes les molécules organiques vivantes (lisperiée-i ou répandues dans les détriments ou résidus des corps organisés : je comprends encore dans la matière vive celle de la lumière, du feu, de la chaleur, en un mot toute matière qui nous parait être active par elle-même. » Buffon, Introduction à l'histoire des minérauj;.
quantité d'atomes de vie qui avaient entré dans la composition de celles qui s'étaient détruites et so formèrent de leurs débris.
Ovide, livre XV : Et vetiis inventa esc in montibus anchora sumuiis i.
La ville d'Ancyre fut fondée sur une montagne où l'on trouva une ancre, â-^/'/upa.
Peindre les différents déluges qui détruisirent tout... La mer Caspienne, lac Aral et mer Noire réunis... L'éruption par FHellespont... Les hommes se sauvant au sommet des montagnes... Autels posés au bord de la mer qui sont aujourd'hui bien élevés au-dessus d'elle... Les membres et corps des animaux et des hommes errants au gré des eaux... et leui's os existants encore en amas immenses sur les côtes des continents et des iles de la Méditerranée, etc..
Ces mers, allant remplir des vallées oii paissaient les troupeaux, et baigner des côtes nouvelles, y allument des volcans et les éteignent aux lieux d'oii elles se retirent.
Ce chaos, ces montagnes hérissées, ces torrents, ces énormes rochers épars, on croit voir là éparpillé le reste des matériairs avec lequel on a fait le monde :
Cest là qu'admis au fond d'un antique myslôie, L'œil pense avec effroi voir la nature mère, Dans les convulsions d'un douloureux tourment, S'agiter sous l'effort d'un long enfantement.
Les montagnes enceintes de bitume.
Telle et telle cause agite la mer, secoue la terre, ouvre le cratère des volcans.
Les montagnes qui ne «ont rien sur le globe... puis les arbres, les animaux, l'homme (description des Centaures).