Le Maranon ou Jlaragnon est le fleuve des Amazones
2. Il renvoie à l'édition de Tibulle donnée par Broukusius, in-t, 1708, où l'on trouve, à la page indiquée, deux inscriptions antiques dans lesquelles Apollon est appelé pacifer, pacificateur : Apollini pacifero. (G. de Chénier.)
3. De l'édition en 3 volumes in-8, de 1697, et page 114 de l'édition de 1761. {G. de Chénier )
4. C'est-à-dire Commentaires de Spanheim sur Callimaque, p. 703 de l'édition de 1697, et p. 793 de l'édition de 1761. (G. de ChénUr.i
Bacchus, regardé comme l'inventeur des semailles et de la charrue... Les Achéens lui sacrifiaient avec une couronne d'épis sur la tête. Jd., ibid*.
LrtiLnTfip 6î(7iiofôpoi;... Légiféras Cereri. Virg. Spanh.
La paix couronnée d'épis : At nobis,pax aima, vent spicamque teneto. Et dans une médaille que cite Spanheim sur Callimaque.
Euripide et Hésiode appellent la paix -/.ovpozpà'fo-j^ qui nourrit la jeunesse.
0 mon Hermès, ô toi que j'ai travaillé pendant plusieurs années avec tant de plaisir... mon compagnon sur terre et sur mer, aujourd'hui quel sera ton destin ? Une mère longtemps déguisant ses alarmes veut elle-même armer son fils...
Mais quand il faut partir, ses bras, ses faibles bras Ne peuvent sa)is terreur l'envoyer aux combats.
Seul chez moi, jadis enfant, tu pouvais donner un libre cours à ta langue libre et naïve. Mais
Le mensonge est puissant;
Il règne ; dans ses mains luit un fer menaçant,
1 . Voyez les Commentaires de Spanheim sur Callimaque à la page déjà citée. fG. de Chenier.)
2. Le poème d'Hermès devait être terminé par l'épilogue dont nous donnons d'abord le canevas en prose, canevas qui fut ensuite presque en entier écrit en vers.
POt:MES 103
De la vérité pure il déteste l'approche.
Il craint que son regard ne lui fasse un reproche, .
Que ses traits, sa candeur...
Tout mensonge qu'il est, ne le fassent pâlir. Mais la vérité seule est constante, éternelle.
Le mensonge change et les hommes errent de mensonge en mensonge... Mais quand le temps aura précipité dans l'abîme ce qui est aujourd'hui sur le faite et que plusieurs siècles se seront écroulés l'un sur l'autre dans l'oubU, avec tout l'attirail des préjugés qui appartiennent à chacun d'eux, pour faire place à des siècles nouveaux et à des eiTeurs nouvelles... alors peut-être. . . on verra si... ; et si en écrivant j'ai connu d'autre passion
Que l'amour des humains et de la vérité.
[partie de ce canevas exécutée]
0 mon fils, mon Hermès, ma plus belle espérance, 0 fruit des longs travaux de ma persévérance, Toi, l'objet le plus cher des veilles de dix ans, Qui m'as coûté des soins et si doux et si lents; Confident de ma joie et remède à mes peines ; Sur les lointaines mers, sur les terres lointaines. Compagnon bien-aimé de mes pas incertains, 0 mon fils, aujourd'hui quels seront tes destins? Une mère longtemps se cache ses alarmes : Elle-même à son fils veut attacher ses armes ;
Mais quand il faut partir, ses bras, ses faibles bras
Ne peuvent sans terreur l'envoyer aux combats.
Dans la France, pour loi, que faut-il que j'espère ?
Jadis, enfant chéri, dans la maison d'un père
Qui te regardait naître et grandir sous ses yeux,
Tu pouvais, sans péril, disciple curieux,
Sur tout ce qui frappait ton enfance attentive
Donner un libre essor à ta langue naïve.
Plus de père aujourd'hui ! le mensonge est puissant;
Il règne. Dans ses mains luit un fer menaçant.
De la vérité sainte il déteste l'approche.
Il craint que son regard ne lui fasse un reproche ;
Que ses traits, sa candeur, sa voix, son souvenir,
Tout mensonge qu'il est, ne le fassent pâlir.
Mais la vérité seule est une, est éternelle.
Le mensonge varie ; et l'homme, trop fidèle.
Change avec lui : pour lui les humains sont constants,
Et roulent de mensonge en mensonge flottants.
Perdu, n'existant plus qu'en un docte cerveau, Le français ne sera dans ce monde nouveau Qu'une écriture antique et non plus un langage. 0, si tu vis encore, alors peut-être un sage Près d'une lampe assis, dans l'étude plongé, Te retrouvant poudreux, obscur, derai-rongé. Voudra creuser le sens de tes lignes pensantes. Il verra si, du moins, tes feuilles innocentes Méritaient ces rumeurs, ces tempêtes, ces cris, Qui vont sur toi sans doute éclater dans Paris.
POÈMES iOl