‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 56 sur 173 · CEREMONIES · texte numérisé non relu

CEREMONIES

Pourquoi ne pas exprimer la messe dite dans l'église; et, après que tout le monde a entendu debout le premier évan-' gile, un prêtre vertueux, Las Casas, par exemple, montant à la tribune sainte et faisant le sermon : il dit... il dit... — Oui, s'écrie-t-il, j'ai vu en songe tous ces hommes sanguinaires et avides d'or, plongés à jamais en enfer dans des chaudières d'or liquide...

Belle idée empruntée du Spectateur.

Ex[)rimer aussi la messe dite sur une pile de tambours avant le combat.

Peindre une procession... Les moines de différentes couleurs... de différents habits... Les surplis, les cierges... traduire quelquefois, transitoirement, par allusion, par prétérition, quelques prières de l'Eglise... en représenter les différentes cérémonies dans les différents temps de l'année. Car enfin Homère est entré et a du entrer dans tous ces détails... et les couteaux victimaires, et l'or dont on dorait les cornes de la béte, et le poil de la victime coupé et distribué...

Virgile a fait de même. Et le Tasse qui a parlé de la confession.

Ne pas oublier les fêtes de l'Eglise dont plusieurs sont intéressantes, comme Noël, le dimanche des Rameaux, le vendredi saint, et plusieurs histoires du Nouveau Testament La femme adultère, la Samaritaine, le Samaritain

charitable... Quoi qu'oa en dise, toutes ces fables oat leur prix sans valoir peut-être celles d'Homère. Encore ce dernier ])oint peut-il être contesté. D'ailleurs, bonnes ou mauvaises, elles sont du temps, elles en peignent les mœurs, les caractères, il ne faut pas les omettre.

Pai'mi les cérémonies catholiques qu'il faut peindre, ne \ias oublier les Cendres... et aperite portas principes vestras... et les rogations... et les enterrements... les baptêmes... viatique... extrême-onction...

Et ces prêtres barbares après cela vont à l'autel, entrer à l'autel de Dieu... ' et consacrer la sainte hostie... Dieu s mdigne de voir le pain devenir lui-même entre leurs mains sacrilèges; de voir le vin devenu son sang par les paroles sorties de leur bouche impie, aller nourrir leur poitrine... nourriture de mort... en vain ils osent dire à l'autel qu'ils lavent leurs mains parmi les innocents... Dieu ne ratifie pas ce qu'ils disent. Eu vain l'eau sainte coule sur leurs doigts,

Que toute l'eau des mers ne pourrait point laver, Tant la fureur de l'or, les meurtres, les parjures Ont gravé sur leurs mains d'éternelles souillures.

Il faut qu'un éloquent missionnaire prie l'Esprit-Saint de prendre un fcharbon sur l'autel où les chérubins, etc.. et de lui purifier les lèvres comme au prophète Isaïe.

Un prêtre ou quelque autre disant :

De ton sceptre enchanté frappe ce roc stérile,

fais-en jaillir des sources d'eau vive.

Il faut tâcher d'imiter quelque part les honneurs funèbx'es rendus par le grand Gerraanicus aux légions massacrées sous Varus par les Germains, sous Arminius. .. et les

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