‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André Chénier (volume 2)Chapitre 75 sur 173 · Horace, Ht. II, satire vu, v. 81, S · texte numérisé non relu

Horace, Ht. II, satire vu, v. 81, S

Voir d'Herbelot au mot Laleh qui signifie une tulipe. (D Hci^belot, Bibliothèque orientale, 4 vol. in-i°.)

Offrons tout ce qu'on doit d'encens, d'honneurs suprêmes

Aux dieux, à la beauté plus divine qu'eux-mêmes.

Puisse aux vallons d'Héraus, où les rocs et les bois

Admirèrent d'Orphée et suivirent la voix,

L'Hèbre ne m'avoir pas en vain donné naissance 1

Les muses avec moi vont connaître Byzance;

Et si le ciel se prête k mes efforts heureux,

De la Grèce oubliée enfant plus généreux,

Sur ses rives jadis si noblement fécondes,

Du Permesse égaré je ramène les ondes.

Pour la première fois de sa honte étonné.

Le farouche turban, jaloux et consterné,

D'un sérail oppresseur, noir séjour des alarmes,

Entendra nos accents et l'amour et vos charmes.

C'est là, non loin des flots dont l'amère rigueur

Osa ravir Sestos au nocturne nageur,

Qu'en des jardins chéris des eaux et du zéphyre.

Pour vous, rayonnant d'or, de jaspe, de porphyre.

Un temple par mes mains doit s'élever un jour.

Sous vos lois j'y rassemble une superbe cour

Où de tous les climats brillent toutes les belles :

Elles régnent sur tout et vous régnez sur elles.

Là des filles d'Indus l'essaim noble et pompeux,

Les vierges de Tamise, au cœur tendre, aux yeux bleus.

De Tibre et d'Éridan les flatteuses sirènes,

Et du blond Eurotas les touchantes Hélènes,

Et celles de Colchos, jeune et riche trésor,

Plus beau que la toison étincelante d'or,

El celles qui, du Rhin rornenient et la gloire,

Vont dans ses froids torrents baigner leurs pieds d'ivoire

Toutes enfin, ce bord sera tout l'univers ^.

L'amour croît par l'exemple, et vit d'illusions.

Belles, étudiez ces tendres fictions

Que les poètes saints, en leurs douces ivresses,

Inventent dans la joie aux bras de leurs maîtresses :

De tout aimable objet Jupiter enflammé.

Et le dieu des combats par Vénus désai'mé,

Quand, la tète en son sein mollement étendue,

Aux lèvres de Vénus son Ame est suspendue.

Et dans ses yeux divins oubliant les hasards,

Nourrit d'un long amour ses avides regards;

Quels appas trop chéris mirent Pergame en cendre;

Quelles trois déités un berger vit descendre.

Qui, pour briguer la pomme abandonnaat les cieux.

De leurs charmes rivaux enivrèrent ses yeux ;

Et le sang d'Adonis et la blanche hyacinthe

Dont la feuille respire une amoureuse plainte ;

Et la triste Syrinx aux mobiles roseaux,

Et Daphné de lauriers peuplant le bord des eaux'-;

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