Voy. pa;,'e 106, noie
Dans leur ton uniforme, en leur vaine splendeur. Haletants pour atteindre une fausse grandeur, Tristes comme leur ciel toujours ceint de nuages. Enflés comme la mer qui frappe leurs rivages Et sombres et pesants comme l'air nébuleux Que leur île farouche épaissit autour d'eux, D'un génie étranger détracteurs ridicules Et d'eux-mème et d'eux seuls admirateurs crédules. Et certes quelquefois, dans leurs écrits nombreux. Dignes d'être admirés par d'autres que par eux^.
Le beau siècle des Grecs n'est pas celui d'Alexandre... Leurs triomphes dans les lettres sont du même temps que leurs victoires pour la liberté... Toutes les iles... le Péloponèse... étaient pleins de poètes lyriques... Thespis parut... Alors la comédie... la tragédie... (les peindre allégoriquement). Les Perses viennent... Thémistocle... Minerve sur les remparts de sa ville chérie secoua sa redoutable égide... le Sunium trembla... elle secoua sa lance, elle lança la foudre... Xersès s'en retourna... son char (faire allusion au songe de sa mère dans Eschyle- ... Sophocle, Phydias,etc... Salut, divine contrée oii l'on a vu ensemble ce que l'on n'a point vu depuis et ce que peut-être on ne verra plus... les arts, la puissance et la liberté réunis ensemble.
Quoique les pays du Nord aient eu de très-beaux génies, il semble que les pieds délicats des muses aient peine à s'accoutumer à marcher sur tels et tels sommets.
Tiré de Pindare dans Quîntilien
Il r.e ramasse point l'eau qui tombe des cicux, Quand l'automne tarit leur trésor pluvieux;
{. Cg fia:menl aviit paru dans la Revue de Paris, lS3i). 2. Xm Ptise», V. 17(3 et suiv.
C'est de son propre sein que des sources fécondes Jaillissent.. J.
Of some Span. Pind. *.
Qu'un autre compose des odes bien longues ; mais le feu le plus ardent est celui qui se consume le plus vite, il brûle et enflamme tout en un instant et l'on entend au loin son bruit et son éclat foudroyant.
C'est cet amour profond que la patrie inspire
Qui, sur soi, pour longtemps assied un vaste empire;
Qui, seul, en demi-dieux transforme les soldats,
Qui, seul, avec vigueur fait mouvoir les États,
Fait durer leur jeunesse et d'une main divine
Les relève déjà penchants vers leurs ruines.
L'or offrirait en vain des secours opulents;
En vain même le ciel formerait des talents.
1. C'est en parlant de Cicéroa que Quiutilien, dans ses institution» oratoires, emploie cette métaphore empruntée à Pindare. Voici ce passage de Quiutilien où il consigne son opinion sur l'orateur romain •
Nam mi/ii videtur M. Tullius, cum se iotum ad imilationem Grœeorum eontulisset, effinxisse vim Demosllienis, copiam Platonis, jucunditatem Isocratis. Xcc vero quod in quoqiie optimum fuil studio consecutus est tanlutn, sed plurimas,vel potius omnes ex se ipso virtutes extuiit immortalis ingenii bealissima ubertate. Non euim pluvias {ut ait Pindaru>) aquas colligit, sed vivo gurgite exundat, dono guodam providentiœ genilus in quo tolas vires suus eloquentia experiretur. — Quinlil., institut, orat., lib.X, cap. l, p. 916, edit. de Burmann, in-'*', 1720. {G. de C/iénier.)