ÉJition G. de Chénier
2. André Chénier avait conçu le projet de bucoliques ou d'idylles maritimes, qu'il désigne dans ses notes par le sij,'nc Boux. i-jci).. (c'est-à-dire Bou/.o/t/.K evK/ta' , E.'io . VjyJ.. (c'est-à-dire Eîr^ù),)» VJVMTi). Telle était celle dont nous reproduisons ici le fragment.
BUCOLIQUES lo7
Sur sa famille en pleurs il tourne encor la vue. Et des yeux et des maius longtemps il les salue. Insensé! Vainement une fois averti!
On détache le câble; il part; il est parti! Car il ne voyait pas que bientôt sur sa tête L'automne impétueux amassant la tempête L'attendait au passage, et là, loin de tout bord. Lui préparait bientôt le naufrage et la mort. «; Dieux de la mer Egée! ô vents! ô dieux humides, Glaucus et Palémon, et blanches Néréides, Sauvez, sauvez Dryas. Déjà voisin du port, Entre la terre et moi je rencontre la mort. Mon navire est brisé. Sous les ondes avares Tous les miens ont péri. Dieux ! rendez-moi mes lares! Dieux! entendez les cris d'un père et d'un époux! Sauvez, sauvez Dryas, il s'abandonne à vous, -a Il dit, plonge, et, perdant au sein de la tourmente La planche, sous ses pieds fugitive et tlottante, Nage, et lutte, et ses bras et ses efforts nombreux... Et la vague en roulant sur les sables pierreux. Blême, expirant, couvert d'une écume salée, Le vdmit. Sa famille errante, échevelée. Qui perçait l'air de cris et se frappait le sein. Court, le saisit, l'entraîne, et, le fer à la main, Rendant grâces aux flots d'avoir sauvé sa tète. Offre une brebis noire à la noire tempête.
œ J'étais père, et je meurs victime du naufrage ! Adieu ma femme, adieu mes chers enfants. 0 toi, Nautonier, de retour, si tu tiens le rivage, Reste avec tes enfants, sois plus sage que moi! *
LXXVIII < IDYLLE MARITDIE2