LES NAVIGATEURS
A. — Enfin nous avons passé dans la nuit le cap de Malea. Les dieux soient loués... J'ai fait un bien long voyage. Avant que nous nous embarquions tous ensemble à Syracuse, j'avais parcouru la côte de Marseille et Tyrrhénie, etc.. Certes le monde est grand. Mais voici notre Grèce chérie... Et vous, compagnons, d'où veniez-vous quand nous nous sommes embarqués, ensemble sur ce vaisseau?
B. — Moi, j'ai été ici...
r. — Moi, là...
A. — Moi, j'ai été jusqu'à Tartessus, au delà des colonnes d'Alcide, aux embouchures du Betis... là... là... Ah! voTis n'avez rien vu, vous tous... je brûle de me revoir à Lesbos, ma patrie.
E. — Pour moi, je n'ai été c[u'à... et je brûle de me revoir à Lesbos... 0 belle mer Egée!... les îles éparses sur tes flots azurés sont comme les étoiles dans la nuit... et toi, Lesbos, la plus belle de toutes...
Z. — Et les sommets de Naxos bruyants de bacchanales.
H. Et Samos, et Junon?... etc.. et quoi! ma Délos sera-t-elie la dernière?... où il y a ceci... cela,
Et cet autel divin, tissu prodigieux
Que fit former Cynthus des rameaux tortueux