Un fers perdu
De tout cet univers interrogeant la voix, J'irai de la nature étudier les lois:
Par quelle main sur soi la terre suspendue Voit mugir autour d'elle Amphitrite étendue; [Quel Titan foudroyé respire avec effort] [Des cavernes d'Etna la ruine et la mort;]^
Si d'un axe brûlant le soleil nous éclaire;
Ou si roi, dans le centre, entouré de lumière,
A des mondes sans nombre, en leurs cercles roulants.
Il verse autour de lui ses regards opulents;
Comment à son flambeau Diane assujettie
Brille, de ses bienfaits chaque mois agrandie;
Si l'ourse au sein des flols craint d'aller se plonger;
Quel signe sur la mer conduit le passager,
Quand sa patrie absente et longtemps appelée
Lui fait tenter l'Euripe et les flots de Malce,
Et quel, de Vabondance heureux avant-coureur,
Arme d'un aiguillon la main du laboureur.
Souvent, dès que le jour chassera les étoiles,
Aux hôtes des forêts j'irai tendre des toiles ;
Sur les beaux fruits du Gange en nos bords transplantés,
Des dieux de nos jardins appeler les bontés;
Lier à ses ormeaux la vigne paresseuse ;
Voir à quelles moissons quelle terre est heureuse;
Aux vergers altérés conduire les ruisseaux;