‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 148 sur 232 · Un fers perdu · texte numérisé non relu

Un fers perdu

De tout cet univers interrogeant la voix, J'irai de la nature étudier les lois:

Par quelle main sur soi la terre suspendue Voit mugir autour d'elle Amphitrite étendue; [Quel Titan foudroyé respire avec effort] [Des cavernes d'Etna la ruine et la mort;]^

Si d'un axe brûlant le soleil nous éclaire;

Ou si roi, dans le centre, entouré de lumière,

A des mondes sans nombre, en leurs cercles roulants.

Il verse autour de lui ses regards opulents;

Comment à son flambeau Diane assujettie

Brille, de ses bienfaits chaque mois agrandie;

Si l'ourse au sein des flols craint d'aller se plonger;

Quel signe sur la mer conduit le passager,

Quand sa patrie absente et longtemps appelée

Lui fait tenter l'Euripe et les flots de Malce,

Et quel, de Vabondance heureux avant-coureur,

Arme d'un aiguillon la main du laboureur.

Souvent, dès que le jour chassera les étoiles,

Aux hôtes des forêts j'irai tendre des toiles ;

Sur les beaux fruits du Gange en nos bords transplantés,

Des dieux de nos jardins appeler les bontés;

Lier à ses ormeaux la vigne paresseuse ;

Voir à quelles moissons quelle terre est heureuse;

Aux vergers altérés conduire les ruisseaux;

Page 1