‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 150 sur 232 · De arle amaudi, lib. I, v · texte numérisé non relu

De arle amaudi, lib. I, v

Voluptueux n'est pas bon. Il fallait une épithète qui peignit cette palpitation si belle qui soulève un jeune sein. Des lèvres demi-closes ne vaut guère mieux. Malheureusement c'est presque la seule rime. Le second vers me semble heureux à cause de l'haleine attribuée aux palpitations du sein. Le second hémistiche du premier vers fait passer cela, parce qu'en poésie un mot passe à la faveur d'un autre.

Oue Lais, sans réserve, abandonne à nos yeux De ses charmes secrets les contours gracieux.

Toi que je ne nomme point, tu verras bien, si jamais tu me lis, que ce sont tes belles... qui m'ont fait faire ces jolis vers. Que n'airje osé écrire ton nom au lieu de celui de Lais : je n'aurais pas été obligé de changer le vers. Malheureusement pour moi, trop de personnes auraient reconnu que j'ai dit vrai et que tu as le plus beau... du monde.

Dopa d'averlo Fatto natura Si vaijo e bello, Ruppe il modello Perch'egli fosse A'I mondo sol.

De tout cet univers interrogeant la voix, J'irai de la nature étudier les lois.

A'aut bien, à mon avis, le distique de Properce :

Tujn mihi naturœ libeat perdiscere mores, Quis deus hanc niundi temperet arte domum:

Peut-être faut-il lire qua Deus?

Par ({uelie main sur soi la terre suspendue Voit mugir autour d'elle Amphitrite étendue.

J'ai imité, autant que j'ai pu, ces vers divins d'Ovide :

nec brachia longo

margine terraruin porrexerat Amphitrite.

Métam., lib. I.

Les quatre vers après les deux suivants sont traduits de ce bel endroit des Géorgiques, liv. II •.

Unde tremor terris : qua vi maria alta twnescant Objicibus ruptis, rursusque in se ipsa résidant.

Je n'ose pas écrire mes vers après ceux-là. Le premier des miens est mal fait. Qu,a vi maria alta tumescant est désespérant.

Si d'un axe brùlaat le soleil uous éclaire.

J'aime mieux axe que char. Gela est moins trivial. Les Latins la disent partout. Volât vi fervidus axis. Virg. *.

Spoliis onerato cœsaris axe. Propert .3.

L'épithète brûlant me parait heureuse en ce qu'elle représente l'effet que doit produire la présence du dieu du feu, et en même temps la précipitation de son vol.

Si l'ourse au sein des flots craint d'aller se plonger.

Vers mal fait, d'après celui-ci de Virgile :

Arctos oceani metuentes œquore tingi^.

Les cinq vers suivants me semblent bons, surtout les deux derniers dont je m'applaudis. Ils sont tous tirés de Virgile :

Page 1