‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 153 sur 232 · Édition 18i · texte numérisé non relu

Édition 18i

Quel Titan foudroyé respire avec effort Des cavernes d'Etna la ruine et la mort ; Quel bras guide les cieux ; à quel ordre enchaînée Le soleil bienfaisant nous ramène l'année ; Quel signe aux ports lointains arrête l'étranger : Quel autre sur la mer conduit le passager, Quand sa patrie absente et longtemps appelée Lui fait tenter l'Euripe et les flots de Malée ; Et quel, de l'abondance heureux avant-coureur, Arme d'un aiguillon la main du laboureur. Cependant jouissons; l'âge nous y convie. Avant de la quitter, il faut user la vie : Le moment d'être sage est voisin du tombeau.

Allons, jeune homme, allons, marche; prends ce flambeau. Marche, allons. Mène-moi chez ma belle maîtresse. J'ai pour elle aujourd'hui mille fois plus d'ivresse. Je veux que des baisers plus doux, plus dévorants, ^'aient jamais vers le ciel tourné ses yeux mourants.

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