‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 169 sur 232 · Édition · texte numérisé non relu

Édition

2. Le premier éditeur avait mis partout Dapiiné. Yoy. la note 1 d« la paye 123.

Je n'ai point voulu fuir. Pourquoi tous ces anpi'êts?

Sa beauté pouvait tout; mon àme sans défense

N'a point contre ses yeux cherché de résistance.

Oui, je brûle; ô D'..z...! laisse-moi du repos.

Je brûle; oh! de mon cœur éloigne ces flambeaux.

Ah! plutôt que souffrir ces douleurs insensées,

Combien j'aimerais mieux sur les Alpes glacées

Être une pierre aride, ou dans le sein des mers

Un roc battu des vents, battu des flots amers!

0 terre! ô mer! je brûle. Un poison moins rapide

Sut venger le centaure et consumer Alcide.

Tel que le faon blessé fuit, court, mais dans son flanc

Traîne le plomb mortel qui fait couler son sang;

Ainsi là, dans mon cœur, errant à l'aventure,

Je porte cette belle, auteur de ma blessure.

Marne, Seine, Apollon n'est plus dans vos forêts.

Je ne le trouve plus dans vos antres secrets.

Ah! si je vais encor rêver sous vos ombrages,

Ce n'est plus que d'amour. Du sein de vos feuillages,

D'..z..., fantôme aimé, m'environne, me suit

De bocage en bocage, et m'attire et me fuit.

Si dans mes tristes murs je me cherche un asile,

Hélas! contre l'amour en est-il un tranquille?

Si de livres, d'écrits, de sphères, de beaux-arts

Contre elle, contre lui je me fais des remparts,

A l'aspect de l'amour une terreur subite

Met bientôt les beaux-arts et les Muses en fuite.

Taciturne, mon front appuyé sur ma main,

D'elle seule occupé, mes jours coulent en vain.

Si j'écris, son nom seul est tombé de ma plume;

Si je prends au hasard quelque docte volume,

Encor ce nom chéri, ce nom délicieux, Partout, de ligne en ligne, étincelle à mes yeux. Je lui parle toujours, toujours je l'envisage; D'..z..., toujours D'..z,.., toujours sa belle image Erre dans mon cerveau, m'assiège, me poursuit. M'inquiète le jour, me tourmente la nuit. Adieu donc, vains succès, studieuses chimères, El beaux-arts tant aimés, Muses jadis si chères; Malgré moi, mes pensers ont un objet plus doux, Ils sont tous à D'..z..., je n'en ai plus pour vous. Que ne puis-je à mon tour, ah! que ne puis-je croire Que loin d'elle toujours j'occupe sa mémoire 1

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