XLVII
Il n'est donc plus d'espoir, et ma plainte perdue
A son esprit distrait n'est pas même rendue !
Qouchons-nous sur sa porte. Ici, jusques au jour
Elle entendra les pleurs d'un malheureux amour.
Mais, non ., fuyons... Une autre avec plaisir tentée
Prendra soin d'accueillir ma flamme rebutée,
Et de mes longs tourments pour consoler mon cosur...
Mais plutôt renonçons à ce sexe trompeur.
Qui? moi? j'aurais voulu sur ce seuil inflexible
Tenter à mes douleurs un cœur inaccessible;
J'aurais flatté, gémi, pleuré, prié, pressé...
A me dire coupable elle m'aurait forcé !...
Que l'amour au plus sage inspire.de folie!
Allons; me voilà libre, et pour toute ma vie.
Oui, j'y suis résolu ; je n'aimerai jamais;
J'en jure... Ma perfide avec tous ses attraits
Ferait pour m'apaiser un effort inutile...
J'admire seulement qu'à ce sexe imbécile
Nous daignions sur nos vœux laisser aucun pouvoir;
Pour repousser ses traits, on n'a qu'à le vouloir.
Ingrate que j'aimais, je te hais, je t'abhorre...
Maisquelbruitàsaporte...Ah!dois-je altendreencore?
J'entends crier les gonds... On ouvre, c'est pour moi!...
Oh ! ma... m'aime et me garde sa foi...
Je l'adore toujours... Ah ! dieux ! ce n'est pas elle !
Le vent seul a poussé cette porte cruelle.
t. Édition 1S33.