‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 182 sur 232 · XLVIII · texte numérisé non relu

XLVIII

Partons, la voile est prête, et Byzauce m'appelle.

Je suis vaincu, je fuis. Au joug d'une cruelle,

Le temps, les longues mers peuvent seuls m'arracher.

Ses traits que malgré moi je vais toujours chercher;

Sou image partout à mes yeux répandue.

Et les lieux qu'elle hahite, et ceux où je l'ai vue,

Sou nom qui me poursuit, tout offre à tout moment

Au feu qui me consume un funeste aliment...

Ma chère liberté, mon unique héritage,

Trésor qu'on méconnaît tant qu'on en a l'usage.

Si doux à perdre, hélas ! et sitôt regretté,

M'attends-tu sur ces bords, ma chère liberté !

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