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Allons, douce Élégie, à qui dans mes beaux jours J'ai tant fait soupirer d'inquiètes amours, Ta voix n'est pas toujours à gémir destinée. Près d'un lit maternel viens bénir l'hyménée. Descendons sur ces bords dont Poraone et Cérès Ont au dieu de la vigne interdit les guérets, Oii la Seine, superbe au milieu de ses îles, De ses blonds Neustriens baigne les monts fertiles, Sous leur vaste cité qu'enrichissent ses eaux. De l'Océan lointain appelle les vaisseaux 2.
Déesse à l'œil timide, au front noble et serein, Pudeur, fille du ciel, quel est-il cet humain. Libre enfin des fureurs qu'allume un premier âge, Qui ne préfère point au honteux esclavage Des plaisirs qu'un remords accompagne en tous lieux Un souris de ta bouche, un regard de tes yeux? Voinpté vertueuse et délicate et pure!...
<. Édition G. de Cliénier.
2. Celte pii'ce fut composée à Rouen, en 1792, pendant les divers «njours qu'André y fit à cette époque (G. de Cli.)
Mais aujom-d'hui que ton règne est méconnu... tu rougis sans doute de te voir défendue par des magistrats débauchés qui traînent dans l'ordure une vieillesse flétrie.
Tout flétri de sommeil ou de veilles impures. Tacite.
Ah! tu ne m'eutends point. Vois, reconnais ce sein. Vois, j'embrasse ton urne et je te parle en vain. Mes soupirs et les pleurs d'une paupière aimée Ne peuvent réchauffer ta cendre inanimée. Portes d'enfer, cessez de me le retenir! Une heure, un seul instant, laissez-le revenir La nuit, voir celle couche, hélas 1 qui fut la sienne I Que je n'embrasse plus l'ombre invisible et vaine ! Qu'un instant je le voie! Ah! tu n'es plus à moi! Et réternelle nuit me sépare de toi !
Et je suis seule au monde! ô déités jalouses! 0 dieux! dieux de la mort ennemis des épouses, Que vous avais-je fait? A peine étais-je à lui!... Trois mois coulaient à peine! 0 solitaire ennui! 0 tombe, ouvre tes bras à la veuve expirante ! Eh! puisqu'il ne vit plus, comment suis-je vivante? — Elle pleurait ainsi, haletante, et ses mots Expiraient sur sa bouche étouffés de sanglots. Ses yeux gros d'amertume inondaient son visage. J'aurai peut-être alors agité le feuillage;