Éd. G. de Clii'nier
J'aurais trouvé sans peine au carquois de l'Iamlje, Son vers âpre et guerrier teint du sang de Lycarabe ;
Mais, quoiqu'il soit aussi permis de se défendre qu'il est injuste d'attaquer...
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Comm. (commencement.)
L'Elégie est venue me trouver (la peindre). Eh bien! m'a-t-elle dit, m'as-tu abandonnée? attends-tu que tu sois vieux pour faire "E).îyo-j; ? je n'aime point ceux qui me courtisent trop vieux... Il faut être jeune pour rire, poui pleurer, se fâcher, s'apaiser, pour aimer, pour vanter nos charmantes folies.
L'emploi de la vieillesse est plus sage et plus beau ; Mais on rit qu'une muse, hélas! près du tombeau, Ceignant son front glacé de guirlandes fanées, Sous le rouge et le fard déguisant ses années, D'une tremblante voix chante encor le printemps. On rit quand, opprimé sous le fardeau des ans. Vieux amant, vieux chanteur, un poète ose peindre Des douceurs qu'il n'a plus et qu'il ne peut que feindre. Et d'une voix fardée et d'un vers doucereux Nous conte en cheveux blancs ses exploits amoureux. Un vieillard n'aime plus. Il n'est, dans sa tendresse -,
1. Éd. G. de Chéaier. M. G. de Chénicr a fait de ces deux morceaux la première des élégies italiennes. Il a voulu sans doutiî mettre sous le même signe cette élégie contre la vieillesse, et la suivante qui la contredit. Mais celle-ci n'a rien d'italien. Il convient, selon nous, de s'en tenir strictement aux indications de l'auteur.
2. L'auteur avait passé un trait en diagonale sur ce vers et les cinq qui le suivent pour indiquer que son intention était de les refaire ou de les supprimer.
Ni pressant, ni timide avec délicatesse ;
La douce émotion n'agite plus son cœur,
Et sou baiser rebute et n'a point de fraîcheur.
La troupe aux yeux chai-niants des trois sœurs ingénue
Qu'un même nœud relient dansantes, demi-nues,
Fuit un triste vieillard qui n'a que des regrets,
Et qui veut à la rose unir ses noirs cyprès.
Elles aiment à voir deux âmes enfantines
Se conter tour à tour leurs caresses divines;
Deux visages brillants de jeunesse et d'amour
Se presser l'un sur l'autre à la fuite du jour;
Deux jeunes seins se joindre et palpiter ensemble;
Deux bouches de vingt ans, qu'un même feu rassemble,
Mêler leur douce haleine et leurs cris langoureux,
Leurs baisers dévorants, humides, savoureux.
Que tardes-tu donc? Camille ne t'inspire-t-elle plus rien? Camille!... dieux! Camille!... ô déesse!... un de ces vieillards que vous ne pouvez souffrir, qui vous inspirent du dégoût, Camille l'a reçu dans son lit!... ingrate! pour des présents tu m"as préféré un vieux!... Sed quascunique dédit vestes, quoscumgue smaragdos (Prop., lib. II, Eleg. xm), que tous ces présents périssent, à l'aide desquels Barbai-us excussis agitât vestigia lumbis.... d'un lit qui fut à moi...
Dévoré de désirs que l'impuissance irrite.
D'un lit qu'il déshonore inutile fardeau.
Mais moi je prendrai désormais une beauté plus fidèle pour objet de mes élégies.
Ah ! qu'ils portent ailleurs ces reproches austères, D'une triste raison ces farouches conseils,
Et ces sourcils hideux, et ces plaintes amères, De leur âge chagrin lugubres appareils.
L^coris, les amours cal un plus doux langage : Jouissons ; être heureux c'est sans doute être sage. Vois les soleils mourir au vaste sein des eaux; Téthys donne la vie à des soleils nouveaux, Oui mourront dans son sein, et renaîtront encore ; Pour nous, un autre sort est écrit chez les dieux ; Nous n'avons qu'un seul jour; et ce jour précieux S'éteint dans une nuit qui n'aura point d'aurore. Vivons, ma Lycoris, elle vient à grands pas Et dès demain peut-être elle nous environne ; Profitons du moment que le destin nous donne, Ce moment qui s'envoie et qui ne revient pas. Vivons, tout nous le dit; vivons, l'heure nos presse; Les roses dont l'amour pare notre jeunesse Sei'ont autant de biens dérobés au trépas.
LXXXII ' ÉLÉGIE ITALIENNE