‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 224 sur 232 · C'est la deuxième fois qne l'auteur emploie c<t mot · texte numérisé non relu

C'est la deuxième fois qne l'auteur emploie c<t mot

Porté sur son imagination aux ailes de feu, il s'élance, il pénètre jusqu'aux plus secrets appas. Souvent sur les ailes de sa pensée, il vole, il s'égare... il va dans l'Orient, il perce les murs des harems.... il y règne.... il appelle une beauté que le Phase a fait naître la plus belle des mortelles.

Elle avance, elle hésite, elle traîae ses pas,

Grande, blanche. Sa tête, aux attraits délicats.

Est penchée. Elle rit ; mais à demi troublée,

D'un léger vêtement couverte et non voilée.

Le Gange a filé l'or qui de ses noirs cheveux

Dans un réseau de soie emprisonne les nœuds.

Golconde, à pleines mains, sur sa riche ceinture

A jeté le rubis et l'émeraude pure ;

Cercle étroit et facile où ses flancs sont pressés,

Dans leur souplesse molle avec grâce élancés.

Le diamant en feu, lumineuse merveille,

Presse son doigt de rose et pend à son oreille.

Son beau sein, éclatant de jeunesse et d'amour.

Et s'élève et repousse un précieux contour

De perles dont Ceyian voit son onde si vaine,

Et de perles encor serpente une autre chaîne

Sur ses bras nus, divins, dont les yeux sont charmés.

Qu'avec un soin d'amour la nature a formés.

Assise auprès de lui, ses yeux pleins de son àme

Nagent dans les langueurs d'une amoureuse flamme.

Et sa voix sur un luth, voluptueux accents,

Lui soupire en chanson la langue des Persans.

Voilà comme l'enfant des neuf sœurs, affamé d'amour, se livre à ses rêveries innocentes et va se cliercher dc^ amantes lointaines... et s'il rencontre une belle (le nom du com-

mencement) qui surpasse les beautés que son imagination lui a formées, et que cette belle veuille de lui, il l'aime, il l'aime, il ne voit plus qu'elle

Et l'amour u'a point mis aux genoux d'une belle D'eselave plus soumis, ni d'amant plus fidèle.

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