SUR L'ENTRÉE TRIOMPHALE DES SUISSES
RÉVOLTÉS DU REGIMENT DE CHATEAUVIEUX, FÊTÉS A PARIS SUR UNE MOTION DE COLLOT-D'HERBOIS'
Salut, divin triomphe! entre dans nos murailles '
Rends-nous ces guerriers illustrés Par le sang de Désille et par les funérailles
De tant de Français massacrés.
Jamais rien de si grand n'embellit ton entrée :
Ni quand l'ombre de Mirabeau S'achemina jadis vers la voûte sacrée
Où la gloire donne un tombeau; Ni quand Voltaire mort et sa cendre bannie
Rentrèrent aux murs de Paris, Vainqueurs du fanatisme et de la calomnie
Prosternés devant ses écrits.
Un seul jour peut atteindre à tant de renommée,
Et ce beau jour luira bientôt; C'est quand tu conduiras Jourdan* à notre armée,
Et Lafayette à l'échafaud!
Quelle rage à Coblentz ! quel deuil pour tous ces princes.
Qui, partout diffamant nos lois, Excitent contre nous et contre nos provinces
Et les esclaves et les rois!
1 Publié pour la première fois dans lo Journal de Paris du 15 avril 1792.