Malhien-Jouve Joiirdan, surnommé Coupe-Têle
LES SUISSES RfiVOLTÈS 19
Us voulaient nous voir tous à la folie en proie;
Que leur front doit être abattu !
Tandis que parmi nous, quel orgueil, quelle joie.
Pour les amis de la vertu, Pour vous tous, ô mortels, qui rougissez encore
Et qui savez baisser les yeux.
De voir des échevins que la Râpée honore *
Asseoir sur un char radieux Ces héros que jadis sur les bancs des galères
Assit un arrêt outrageant.
Et qui n'ont égorgé que très-peu de nos frères.
Et volé que très-peu d'argent !
Eh bien, que tardez-vous, harmonieux Orphées?
Si sur la tombe des Persans Jadis Pindare, Eschyle, ont dressé des trophées.
Il faut de plus nobles accents.
Quarante meurtriers, chéris de Robespierre,
Vont s'élever sur nos autels.
Beaux-arts qui faites vivre et la toile et la pierre,
Hâtez-vous, rendez immortels Le grand CoUot-d'Herbois, ses clients helvétiques,
Ce front que donne à des héros La vertu, la taverne, et le secours des piques!
Peuplez le ciel d'astres nouveaux.
0 vous ! enfants d'Eudoxe, et d'Hipparque, et d'Euclide,
C'est par vous que les blonds cheveux, Qui tombèrent du front d'une reine timide,
Sont tressés en célestes feux ^ ;
1. Pétion et ses collègues de la Commune avaient paru se faire honneur, dans les journaux de leur parti, d'une petite débauche qu'ils avaient faite dans un cabaret de la Râpée (avril 1792).
i. La constellation de Bérénice.