‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 42 sur 232 · Édition · texte numérisé non relu

Édition

4. Ces deux vers, supprimés par les premiers éditeurs ont été rétablis par M. G. de Chéaier.

C'est ton front virginal, ta grâce, ta décence;

Viens. 11 est d'autres jeux que les jeux de renfancc.

0 jeune adolescent, viens savoir (jue mon cœur

N'a pu de ton visage oublier la douceur.

Bel enfant, sur ton front la volupté réside.

Ton l'égard est celui d'une vierge timide.

Ton sein blanc, que ta robe ose cacher au jour,

Semble encore ignorer qu'on soupire d'amour.

Viens le savoir de moi. Viens, je veux le rappr(Midre;

Viens remettre en mes mains ton âme vierge et tendre,

Alni que mes leçons, moins timides que toi,

Te fassent soupirer et languir comme moi;

Et qu'enfin rassuré, cette joue enfantine

Doive à mes seuls baisers cette rougeur divine.

Dans cet âge où le jeune adolescent ressemble encore à une vierge, qu'il a une voix argentine... qu'il est incertain, et peut devenir un homme ou une fdle (peindre ceU le mieux possible.)

Oh ! je voudrais qu'ici tu vinsses un malin Reposer mollement ta tète sur mon sein! Je te verrais dormir, retenant mon liabnne, De pour de l'éveiller, ne respirant qu'à peine. IMon écharpe de lin que je ferais flotter, Loin de ton beau visage aurait soin d'écarler Les insectes volants dont les ailes bruyantes Aitneni à se poser sur les lèvres dormante . »

La nymphe l'aperçoit, et l'arrôle et soupire. Vers un banc de gazon, tremblante, elle l'attire; Elle s'assied. Il vient, timide avec candeur,

Ému d'un peu d'orgueil, de joie et de pudeur.

Les deux mains de la nymphe errent à l'aventure.

L'une, de son fiont blanc, va de sa chevelure

Former les blonds anneaux. L'autre de son menton

Caresse lentement le mol et doux coton.

<L Approche, bel enfant, approche, lui dit-elle.

Toi si jeune et si beau, près de moi jeune et belle.

Viens, ô mon bel ami, viens, assieds-toi sur moi.

Dis, quel âge, mon fils, s'est écoulé pour toi ?

Aux combats du gymnase as-tu quelque victoire?

Aujourd'hui, m'a-t-on dit, tes compagnons de gloire,

Trop heureux! te pressaient entre leurs bras glissants.

Et l'olive a coulé sur tes membres luisants.

Tu baisses tes yeux noirs? Bienheureuse la mère

Qui t'a formé si beau, qui l'a nourri pour plaire.

Sans doute elle est déesse. Eh quoi! ton jeune sein

Tremble et s'élève? Enfant, tiens, porte ici ta main.

Le mien plus arrondi s'élève davantage.

Ce n'est pas (le sais-tu? déjà dans le bocage

Quelque voile de nymphe est-il tombé pour toi?)

Ce n'est pas cela seul qui diffère chez moi.

Tu soupis? tu rougis? Que ta joue est brillante!

Que ta bouche est vermeille et ta peau transparente l

N'es-tu pas Hyacinthe au blond Phébus si cher?

Ou ce jeune Troyen ami de Jupiter?

Ou celui qui, naissant pour plus d'une immortelle,

Entr'ouvrit de Myrrha l'écorce maternelle?

Ami, qui que tu sois, oh ! tes yeux sont charmants.

Bel enfant, aime-moi. Mon cœur de mille amants

Rejeta mille fois la poursuite enflammée;

Mais toi seul, aime-moi, j'ai besoin d'être aimée.

Vois-tu sur la colline, vois-tu ceci, vois-tu cela?... Si tu veux m'aimer tout cela sera à toi.

Mon amour, aime-moi... Sur l'herbe chaque soir, Au coucher du soleil, nous viendrons nous asseoir.

Je ferai ceci et cela pour te plaire.

a Laisse, ô blanche Lydé, toi par qui je soupire. Sur ton pâle berger tomber un doux sourire, Et, de Ion grand œil noir daignant chercher ses pas, Dis-lui : Pâle berger, viens, je ne te hais pas.

— Pâle berger aux yeux mourants, à la voix tendre, Cesse, à mes doux baisers cesse enfin de prclendro. Non, berger, je ne puis; je n'en ai point pour toi. Ils sont tous à Mœris, ils ne sont plus à moi <. »

yiii!

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