‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 41 sur 232 · Édition · texte numérisé non relu

Édition

Il visite souvent vos paisibles rivages.

Souvent j'écoute, et l'air qui gémit dans vos bois

A mon oreille au loin vient apporter sa voix,

HNAZILE.

Onde, mère des fleurs, naïade transparente Qui pressez mollement cette enceinte odorante, Amenez-y Chloé, l'amour de mes regards.

Vos bords m'offrent souvent ses vestiges épars. Souvent ma bouche vient, sous vos sombres allées, Baiser l'herbe et les fleurs que ses pas ci. (foulées.

CHLOÉ

Oh ! s'il pouvait savoir quel amoureux ennui Me rend cher ce bocage où je rêve de lui ! Peut-ôtre je devais d'un souris favorable L'inviter, l'engager à me trouver aimable.

MNAZILE.

Si pour m'encourager quelque dieu bienfaiteur Lui disait que son nom fait palpiter mon cciMir! J'aurais dû l'inviter, d'une voix douce et tendre, A se laisser aimer, à m'aimer, à m'enteiidre.

CHLOÛ.

Ail! je l'ai vu; c'est lui. Dieux! je vais lui parler! 0 ma bouche! ô mes yeux! gardez de vous Iroulilcr,

MNAZILE.

Le feuillage a frémi. Quelque robe légère... C'est elle ! o mes regards ! ayez soin de vous lairo

CHLOÉ

Quoil Miiazile est ici? Seule, errante, mes pas Cherchaient ici le frais et ne l'y croyaient pas.

MNAZILE.

Seul, au bord de ces flots que le tilleul couronne, J'avais fui le soleil et n'attendais personne...

Vous du blond Anio* naïade au pied fluide-, Vous, filles du Zéj)hire et de la Nuit humide, Fleurs

VII a LYDÉ.

« Mon visage est flétri des regards du soleil. Mon i)ied blanc sous la ronce est devenu vermeil. J'ai suivi tout le jour le fond de la vallée; Des bêlements lointains partout m'ont appelée. J'ai couru : tu fuyais sans doute loin de moi : C'étaient d'autres pasteurs. Où te chercher, ô toi Le plus beau des humains? Dis-moi, fais-moi connaître Où sont donc tes troupeaux, où tu les mènes paître. Pour que je cesse enfin de courir sur les pas Des troupeaux étrangers que tu ne conduis pas * Une femme, une poétesse chante ainsi :

0 jeune adolescent! tu rougis devant moi.

Vois mes traits sans couleur; ils pâlissent pour toi :

■I. An-dessus du mot Anio, l'auteur a écrit ou autre. (G. de Ch.)

2. Ce court fragment, donné par Sainte-Beuve dans la notice de <S39, semble bien se rattacher au commencement de la pièce qu'on tient de lire.

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