‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 72 sur 232 · MES MANES A CLYTIE · texte numérisé non relu

MES MANES A CLYTIE

Mes Mâne^ à Clytie. œ Adieu, Clyfie, adieu. Est-ce toi dont les pas ont visité ce lieu?

1. Vers, Revue de PariHf 1830. Pfose, notice de Si^inte-flôuye, (839

Parle, est-ce loi, Clytie, ou dois-je attendre encore? Ah! si tu ne viens pas seule ici, chaque aurore, Rêver au peu de jours où je vivais pour toi. Voir cette ombre qui t'aime et parler avec moi, D'ÉIysée à mon cœur la paix devient amère, Et la terre à mes os ne sera plus légère. Chaque fois qu'en ces lieux un air frais du malin Vient caresser ta bouche et voler sur ton sein, Pleure, pleure, c'est moi; pleure, fille adorée; C'est mou âme qui fuit sa demeure sacrée, Et sur ta bouche encor aime à se reposer. Pleure, ouvre-lui tes bras et rends-lui son baiser. »

Entre autres manières dont cela peut être placé , en voici une : Un voyageur, en passant sur un chemin, entend des pleurs et des gémissements. Il s'avance; il voit au bord d'un ruisseau une jeune femme échevelée, tout en pleurs, assise sur un tombeau, une main appuyée sur la pierre, l'autre sur ses yeux. Elle s'enfuit à l'approche du voyageur, qui lit sur la tombe cette épitaphe*. Alors il prend des fleurs et de jeunes rameaux, et les répand sur cette tombe en disant : « 0 jeune infortunée... « (quelque chose de tendre et d'antique); puis, il remonte à cheval et s'en va la tête penchée et mélancoliquement ; il s'en va

Pensant à son épouse et craignant de mourir.

Ce poiu-rait être le voyageur qui conte lui-même à s.i famille ce qu'il a vu le matin^.

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