‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 86 sur 232 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

En commencer une par ces vers, qui sont une légère imitation d'un sonnet de Zappi.

Près des bords où Venise est reine de la mer.

Le gondolier nocturne, au retour de Vesper,

D'un aviron léger bat la vague aplanie.

Chantant Renaud, Tancrède et la belle Erminie.

Il aime les chansons, il chante. Sans désir,

Sans gloire, sans projets, sans craindre l'avenir.

Il chante, et, cheminant sur le liquide abîme.

Sait égayer ainsi sa route maritime.

. . . . . Comme lui je me plais à chanter,

Les rustiques chansons que j'aime à répéter

Adoucissanl pour moi la route de la vie,

Route araère et souvent de naufrages suivie.

Viens donc, tu \o.s ouïr, ami, ce qu'ALiî.ds

Écoute et puis répond à son tour àDaphnis.

Alexis et Daphnis, de campagnes voisines,

Se trouvèrent ensemble au penchant des collines,

Tous deux jeunes, tous deux ornés de blonds cheveux,

Tous deux nés aux chansons, à la flûte tous deux.

4. En partie dans l'édition de 1826, plus complètement dans l'édition

de G. de Chénier.

Tiré d'Ovide, liv, VIII, à la fin.

Allons chanter, assis dans les saintes forêts, Sous ce chêne orgueilleux, favori de Gérés, Qui loin autour de lui porte un immeuse ombrage. Tu vois, de tous cotés pendent à son feuillage Couronnes et bandeaux et bouquets entassés, Doux monuments des vœux par Cérès exaucés. A son ombre souvent les nymphes bocagères Viennent former les pas de leurs danses légères ; Pour mesurer ses flancs et leur vaste contour. Leurs mains s'entrelaçant serpentent à l'entour : Et, les bras étendus, vingt Dryades à peine Pressent ce tronc noueux et dont Cérès est vaine.

La faim,

L'aride luim par qui ne fut point impunie L'insolente fureur du tyran d'Hémonie, L'impie Érysichthon qui, sans craindre Cérès, Osa porter la hache à ces saintes forêts.

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