‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 87 sur 232 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Vint le ravir plongé dans un profond sommeil.

Leur vaisseau le reçoit; on part; à son réveil,

Il s'étonne. On lui jure, au moment qu'il les prie,

De voguer vers Naxos qu'il nomme sa patrie.

II dissimule, et puis, l'œil errant sur les flots :

a 0 ciel ! ah! malheureux! ce n'est point là Naxos...

Dieux! grands dieux! » et ses mains, dans ses leintes alarmes,

Déchirent ses cheveux, et ses yeux sont en larmes.

a. Jeune homme, lui dit l'un, que nous font tes malheurs?

ïu viendras nous servir ; et laisse là tes pleurs. »

Il dit. — Le vaisseau tremble. Et des formes terribles

De tigres, de lions, de panthères horribles

Fondent sur eux. En foule et n'ayant plus de voix,

Les traîtres du vaisseau s'élancent à la fois,

0 prodige ! et, couverts d'une écaille étrangère.

Se vont, légers dauphins, cacher sous l'onde amère.

LVII i

... 0 mes brebis...

Et vos blanches toisons par le fer moissonnées, En tissus précieux mollement façonnées.

Pour presser, quand l'hiver soufflera les frimas, De nos fières beautés les membres délicats, Iront, passant au loin l'onde phénicienne. Emprunter au murex sa pourpre tyrienne.

Parler des étoffes de Milet et de Gos, i. Éd C. de Chénier.

LVIIl 1

Reste ici, Pardalis; vagabonde,

Qu'il ne me faille encor, dans la forêt profonde, Suivre pour te chercher. ... la cloche d'argent

Dont j'ai su te parer

Reste, ma Pardalis. Viens, ma belle génisse.

Ici croît le narcisse.

Reste; si tu me fuis, tu n'auras plus ma main Pour y venir trouver ou du sel ou du pain. Tu ne bondiras plus aux chants de ma musette. Un ivoire élégant se courbe sur ta tète. Ton regard est serein, tu mugis doucement, Ton lait est le plus doux qu'un sein pur et fertile Ait jamais fait couler dans mou vase d'argile. La fille d'Inachus, quand le maître des dieux La fit mugir aussi près du pâtre aux cent yeux. Était moins que toi belle et de grâces ornée ; Et pourtant, près du Nil, de lotos couronnée. Elle voit aujourd'hui, dans son temple divin, Ses prêtres revêtir des tuniques de lin.

En commencer ou finii" une ainsi :

Eiifant ailé, seul dieu de mes jeunes travaux, A. qui fais-tu ce don de mes bouquets nouveaux?

1. Éil. G. do Cliénier. — Le poote a indiqué que ces viT.; seraient mis dans la bouclie d'un bouvier [bubulcus).

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