XXXII NOTICE
Et t'esclavant te donne la victoire :
Car, si par force il ne t'avoit blecé,
Ta muse n'eût si belle œuvre tracé,
Et de tes maux tu n'aurois tant de gloire.
A. de Vigners, un Savoisien sans doute, qui prend pour devise : Fost fata quictus, élève Buttet audessus de tous les poètes français, qu'il qualifie de corbeaux et de corneilles :
Mais, en chantant l'amour, tu ne fais voir. Docte Buttet, autre qu'une excellence.
Enfin, Jean de Piochet, seigneur de Sallin, parent de Buttet, qui lui avait adressé une ode et plusieurs sonnets, célèbre ainsi le premier poète de la Savoie, qu'il connpare à Ronsard et à Du Bellay, en opposant V Amalthée à leurs poèmes d'Olive et de Cassandre :
Tant que le Loir, Loire, Lesse, auront voie, Enjlant leur cours à jamais non tari, .\u Vandomois, en Anjou, en Savoie, Vivra Vendosme, Angers et Chamberi.
Par son Ronsard le grand Loir est chéri, Par son Belùi Loire fiere se dresse, Par son Buttet Lesse est faite déesse.
Qui a tant haut vostre gloire exaltée?
Responde\-moi, ô Loir, 6 Loire, ô Lesse : Cassandre, Olive et la belle Amalthée.
La ville de Chambéry était fière, en effet, d'avoir donné naissance à l'auteur de V Amalthée, que la Savoie plaçait sur le même rang que Du Bellay et Ronsard. Jacques Peletier, du Mans, dans son poème la Savoye ( Anecy, Jacques Bertrand, iSya, in-8), n'avait eu garde de passer sous silence ce