NOTICE XXXIII
poète savoisien, avec lequel il s'était naguère rencontré à Paris dans l'intimité de Guillaume des Autels et de Charles d'Espiney. Voici quatre mauvais vers qu'il écrivit sous les yeux des trois meilleurs poètes de Chambéry, Lambert, Piochet et Batandier :
D^ Chambcry. le chef de la province, Ce ne serait raison que je previnse Le bien disant Butlet, qui en naquit, A qui en touche et l'honneur et l'acquit.
Ces quatre poètes chambériens formaient alors une espèce de Pléiade savoisienne, dans laquelle figursient quelques autres dont la célébrité littéraire ne dépassa jamais les frontières de la Savoie. C'étaient Mordentière, Philibert dePingon, Ramasse et le musicien Guillaume Monchatre '. Ce dernier et Philibert de Pingon furent cependant mentionnés avec distinction dans la Bibliothèque française de leur contemporain La Croix du Maine, qui nous apprend que Marc-Claude de Buttet vivait encore en 1584. Celui-ci avait dit adieu à Turin depuis la mort de sa bonne maîtresse Marguerite de Savoie, enlevée inopinément par une pleurésie le 14 septembre 1574. Il s'était alors retiré près de Chambéry, dans une terre qu'il possédait au bord du lac, et dont il parle en plusieurs endroits de ses poésies composées à l'époque de ses amours ^. Ce domaine se nommait Troisserve , comme il le dit dans ces vers adressés à un ami :
Ores me tient mon beau champ de Troisserve,
MaiS; las! Amour de ses traits dou-tranchans